My Week with Marilyn (Simon Curtis, 2011)

de le 29/03/2012
 
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A l’image d’une étoile filante, Marilyn Monroe a criblé brièvement l’atmosphère du monde hollywoodien et a ébloui les quelques chanceux qui assistaient au spectacle. Le sex-symbol à la crinière platine aura marqué tant par sa plastique fabuleuse que par son jeu d’actrice et sa personnalité extravagante. My Week with Marilyn est le premier film inspiré par la chanteuse/actrice partie trop tôt. Si des romans ou des chansons ont déjà été dédiés à Marilyn, aucun long-métrage n’avait été encore entrepris à ce jour. Serait-ce un sujet un peu « casse-gueule » ? En tout cas l’égérie culte est l’objet du tout premier film de Simon Curtis, plus habitué du petit écran. Si Marilyn Monroe était surtout connue pour avoir une réputation de croqueuse d’hommes à l’époque tout en étant une femme objet pour certains, avec une dépendance à l’alcool et aux médicaments en fin de vie. Les travers les plus trashs qui rongeait l’actrice sont globalement mis de coté pour le film. Ou du moins furtivement survolés.

Le film se base sur l’autobiographie de Colin Clark. L’écrivain, qui découvrait à l’époque le monde du cinéma à travers Marilyn Monroe, décrit un tournage qui s’inscrit parmi tant d’autres dans la vie de l’actrice. Avec sa photographie fignolée et sa noble production, My Week With Marilyn nous plonge dans un Londres déjà prêt à accueillir les années 60. Alors que tout les oppose, le jeune Colin s’amourache rapidement de la sulfureuse et magnétique artiste. L’expérience, sans doute forte dans l’esprit de l’auteur ou sur le papier, n’accélère jamais le rythme de notre cher palpitant. Le récit s’exprime avec énormément de retenue. Les principaux évènements (même les plus graves) sont manifestés avec pudeur et le tout reste très survolé. Le film ne nous apprend rien sur le personnage mythique. Ni la romance présentée ni les différents déboires vécus par Marilyn ne sont creusés. L’avion survole la piste mais ne s’arrête jamais. Un manque à gagner pour le film car la personnalité débordante de l’icône disparue méritait un traitement plus passionnel et plus profond, l’œuvre en tirerait tout les bénéfices et aurait récolté un meilleur statut à ce jour.

Comme tout film reposant sur une histoire réelle, l’implication des acteurs est sans doute l’une des choses les plus primordiales. Le mimétisme de Michelle Williams en Marilyn Monroe ne convainc pas, et ce jusqu’à la dernière minute. A la différence de Jérémie Rénier qui s’oublie pour laisser place à Claude François dans Cloclo pour faciliter l’immersion, celle qui a été révélée grâce à la série Dawson n’approche pas cette perfection. Des vêtements ou certaines gestuelles sont là pour rappeler la personnalité marquante qu’elle incarne, mais toute ressemblance s’arrête ici. Le défi était particulier et copier la Miss Monroe ne serait-ce qu’à 50% s’avère être difficile voir totalement impossible, mais l’investissement de Michelle Williams est bel et bien présent il est donc délicat de lui en tenir rigueur car son jeu est extrêmement brillant. Pour lui donner la réplique, une multitude de seconds rôles détonnent tout autant face à elle. Dominic Cooper offre une prestation solaire tout comme Emma Watson qui évolue tout en justesse dans son rôle de costumière.

L’association d’une trame bridée et d’une mise en scène limite conservatrice délivre un film plutôt académique. Le tempérament de Marilyn se devine mais l’idée du film ne repose pas sur les différents aspects de sa personnalité qui alimentent toujours les débats aujourd’hui. My Week with Marilyn nous montre une femme faible et forte à la fois qui joue sa vie devant la caméra comme derrière. Constamment à la recherche d’une nature masculine puissante, synonyme d’un manque de présence paternel, la diva s’est tout bonnement perdue dans un monde rempli de testostérone. Si la vie de Marilyn Monroe passionne les foules, Ce premier film signé Simon Curtis enthousiasme beaucoup moins. Énormément de bruit autour d’une œuvre qui restera mineure et ne fait qu’effleurer cet incroyable thème de cinéma qu’est le rayonnement des idoles et les passions éphémères qu’elles provoquent.

FICHE FILM
 
Synopsis

Au début de l’été 1956, Marilyn Monroe se rend en Angleterre pour la première fois. En pleine lune de miel avec le célèbre dramaturge Arthur Miller, elle est venue tourner LE PRINCE ET LA DANSEUSE, le film qui restera célèbre pour l’avoir réunie à l’écran avec Sir Laurence Olivier, véritable légende du théâtre et du cinéma britanniques, qui en est aussi le metteur en scène. Ce même été, Colin Clark, 23 ans, met pour la première fois le pied sur un plateau de cinéma. Tout juste diplômé d’Oxford, le jeune homme rêve de devenir cinéaste et a réussi à décrocher un job d’obscur assistant sur le plateau. Quarante ans plus tard, Clark racontera ce qu’il a vécu au fil des six mois de ce tournage mouvementé dans son livre, « The Prince, the Showgirl and Me ». Mais il manque une semaine dans son récit… Son second livre, « Une semaine avec Marilyn », relate la semaine magique qu’il a passée, seul, avec la plus grande star de cinéma du monde. Tour à tour drôle et poignant, MY WEEK WITH MARILYN porte un regard intime et rare sur l’icône de Hollywood, en racontant le lien aussi bref que puissant qui s’est noué entre cette femme exceptionnelle et le jeune homme qui a su la comprendre mieux que le reste du monde.