Les Trois mousquetaires (Paul W.S. Anderson, 2011)

de le 13/10/2011
 
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Il n’a pas de bol Paul WS Anderson, il porte le même patronyme que deux petits génies, P.T. Anderson et Wes Anderson. Et comme il en a un peu marre qu’on le confonde avec ces deux-là, surtout qu’il a sorti son premier long métrage deux ans avant eux, il fait tout ce qu’il peut pour se démarquer et créer sa propre patte. En 9 films, de Shopping avec Jude Law jusqu’à ces improbables Trois mousquetaires, c’est une recherche permanente pour s’affirmer en tant que personnalité du cinéma. Tel un brave Uwe Boll, Paul WS Anderson aura mis du coeur à l’ouvrage pour porter les adaptations de jeux vidéo à l’écran et leur donner un second souffle dans un respect total. Toujours il a cherché à mettre un coup de projecteur sur des petits jeux inconnus, de Mortal Kombat à Resident Evil, car ce n’est pas un opportuniste ce cher Paulo. Il aura même remis au goût du jour un classique oublié avec Course à la mort ou fait renaître deux petites franchises de la Fox avec Alien vs Predator, car il oeuvre pour le patrimoine cinématographique mondial, et il mérite le respect pour ça. Cette année, il a décidé de faire découvrir au public un récit méconnu, un roman avec des types qui portent des drôles de chapeaux avec des plumes et des épées, et qui se situe dans un pays lointain qui existait avant l’invention du béret, de la baguette et de la Citroën DS. On y parlait anglais, le roi y était un jeune transsexuel et les bateaux y volaient. C’était la France d’Alexandre Dumas. C’est la nouvelle preuve qu’Event Horizon était une grotesque erreur de parcours chez Paul WS Anderson.

Pas la peine de s’éterniser là-dessus, le pauvre Alexandre Dumas doit faire des bonds dans sa tombe tant son oeuvre phare subit les derniers outrages pendants près de deux heures. Pour la faire courte, à côté de ce machin, Les Trois mousquetaires de 1993 avec Charlie Sheen ou le D’artagnan de Peter Hyams avec Tim Roth qui se croyait dans un wu xia pian étaient des petits chefs d’oeuvres. Avec Les Trois mousquetaires version 2011, tout est plié dans l’introduction/exposition. Passé un plan aérien d’une laideur redoutable, c’est la présentation d’Athos, Porthos et Aramis, et c’est tout un poème. Athos a piqué un costume aux bad guys de 300 et utilisent des arbalètes du futur, Aramis fait des plongeons de 100m avec réception encore plus maîtrisée que Neo dans Matrix, tandis que Porthos éclate des murs par la seule force de ses bras. C’est déjà du lourd, mais lorsque les ralentis foireux dont aurait honte Zack Snyder se transforment en arrêts sur images plus ringards que ceux de Sherlock Holmes avec le nom du personnage qui s’affiche, on sent qu’on tient un film de vainqueur. Et jusqu’à la fin ce brave Paul WS Anderson va repousser les limites du mauvais goût et du n’importe quoi vers des cimes rarement atteintes. Misogyne jusqu’au bout des ongles, les femmes de Milady à la reine étant toutes des putains manipulatrices, porté par une scénario débile qui reprend l’idée d’une réalité alternative si chère aux films tirés de comic books sans jamais la faire vivre, et plombé par une succession de rebondissements tous plus crétins les uns que les autres, Les trois mousquetaires est l’exemple type du blockbuster thuné qui se transforme vite en nanar. Sauf que c’est tellement minable qu’on n’a même plus envie de rire.

Ça passe au début, quand Milla Jovovich exécute un mouvement complètement con dans un ralenti idiot pour échapper à des flèches sortant des murs, ça devient même hilarant quand apparaît un Orlando Bloom qui repousse les limites du ridicule qu’un acteur a le droit de s’infliger, ça atteint des sommets lors des scènes de combat là encore sous forte influence Snyder ou quand sortent les bateaux volants (si si…) et puis ça finit par lasser. Plus le coeur pour rire d’un duel à l’épée sur les toits de Notre-Dame après qu’un des bateaux s’y soit planté, ni quand un des personnages vraisemblablement mort revient par miracle, encore moins quand D’Artagnan donne des conseils de séduction au roi. Les Trois mousquetaires est trop long pour être un vrai nanar sympathique. Il est juste nul, moche et mal fichu.

Mis en scène en dépit du bon sens, dopé aux séquences ridicules et aux incrustations sur fond vert dégueulasses, monté à l’arrache et sans aucun sens du découpage (les scènes d’action piquent les yeux), Les Trois mousquetaires prouve qu’il est toujours possible de creuser quand on a touché le fond. Le plus terrible dans tout ça c’est de voir un tel casting se fourvoyer là-dedans. Car mis à part Orlando Bloom et Milla Jovovich, habitués aux prestations minables, ou le jeune Logan Lerman qui peine encore à trouver sa place, le casting a franchement de la gueule. Et tous semblent croire à fond dans ce qu’ils font alors qu’ils sont bel et bien ridicules, tous sans exception. Que reste-t-il à la fin des Trois mousquetaires? Rien. Une poignée de scènes rigolotes, l’hallucination totale de voir ces grands acteurs tomber au plus bas, quelques effets 3D bien vus, mais pour tout le reste on atteint des sommets de nullité.

FICHE FILM
 
Synopsis

L'impétueux jeune d'Artagnan et ses trois légendaires compagnons, Athos, Porthos et Aramis vont devoir s'unir et combattre tous ensemble un mystérieux agent double, Mylady de Winter et son employeur crapuleux, le cardinal Richelieu, afin de les empêcher de s'emparer du trône français et d'éviter que l'Europe toute entière sombre dans la guerre. Nouvelle adaptation en 3-D du roman "Les Trois mousquetaires" d'Alexandre Dumas...