La Famille Tenenbaum (Wes Anderson, 2001)

de le 19/04/2009
 
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Il y a des films comme ça dont on préfère rester à l’écart pour des raisons inexplicables, des à-prioris stupides qui font passer à côté de grands films. Malgré un casting énorme et d’excellentes critiques, la famille Tenenbaum est de ces films là… Et bien après l’avoir vu je regrette d’avoir attendu aussi longtemps car c’est un film fascinant! Wes Anderson bénéficie d’une grosse cote de popularité auprès des cinéphiles, ce qui peut paraitre incompréhensible tant qu’on est pas entré dans son univers, mais une fois le pas franchis on n’a qu’une envie, découvrir ses autres films (la vie aquatique, the darjeeling limited…). Ce réalisateur possède une vraie « patte », marque des grands auteurs, une vision du cinéma différente qui se traduit par une oeuvre atypique et très attachante.

Déjà, le casting a de quoi impressionner! Gene Hackman, Ben Stiller, Angelica Huston, Luke Wilson, Owen Wilson (également scénariste), Gwyneth Paltrow, Bill Murray, Danny Glover… pour réussir à rassembler autant de beau monde il n’y a pas beaucoup de solutions : un budget énorme, beaucoup d’amis ou un vrai talent. On s’en doute, c’est la dernière option qui l’emporte ici.

Si le synopsis n’a rien de vraiment excitant, un patriarche à priori mourant désireux de réunir sa famille au complet pour ses derniers instants, mais cette belle brochette d’acteurs ne se contente pas de faire acte de présence et tous livrent d’excellentes prestations. Le ton très pince-sans-rire du film leur permet de jouer des rôles aux antipodes de ce qu’ils font d’habitude et ils impressionnent. Le plus étonnant restera Ben Stiller qui fait preuve d’un talent dramatique presque insoupçonné, à mille lieux de ses pitreries chez les Farrelly’s ou autres.. Car en plus d’être drôle, la famille Tenenbaum est aussi un film tragique. Tragique car cette famille exceptionnelle, 3 enfants surdoués pour la finance (Stiller), la littérature (Paltrow) ou le tennis (Wilson), a complètement explosé en grandissant. Les enfants devenus adultes ont tous des blessures ouvertes, cherchent plus ou moins à renier leur famille et leur passé tout en y restant ancrés. On le voit grâce à l’utilisation d’accessoires : la bandeau du joueur de tennis, la tenue de l’écrivain dépressif… Tous ces personnages souffrent et tentaient d’enfouir leur souffrance dans une vie tranquille illusoire, mais le retour du père va leur remettre la réalité en face!

Pas simple de mettre des mots sur cette tragi-comédie qui n’obéit à aucun code, un cinéma qu’on pourrait définir comme au croisement de Woody Allen, P.T. Anderson et l’humour anglais pour ce détachement dans la mise en scène, mais ce serait réducteur. Wes Anderson nous offre un film auquel on ne peut pas s’attendre, un film différent, loufoque dans le propos mais pas dans la mise en scène (très posée, plans fixes, grand angle…), finalement un film tout simplement surprenant, où les situations tristes sont traitées avec humour, mais un humour intelligent. A noter aussi une superbe utilisation de la musique. A découvrir!

FICHE FILM
 
Synopsis

Chez les Tenenbaum, les enfants ont toujours été des génies. Tout jeunes, Chas était déjà un maître de la finance, Margot une dramaturge exceptionnelle et Richie un joueur de tennis hors pair. Mais un jour, Etheline, leur mère, demande le divorce. Elle ne supporte plus le caractère égoïste de Royal Tenenbaum, son mari. Cette crise familiale a une influence négative sur le développement personnel de leurs progénitures. Vingt ans plus tard, Royal écume les palaces, Etheline s'adonne à l'archéologie, Chas tente d'élever ses deux fils après la mort de son épouse, Richie est un champion déchu et Margot s'est marié avec un psy. Le père Tenenbaum annonce bientôt à ses enfants qu'il ne lui reste plus longtemps à vivre. Il souhaite se réconcilier avec eux et s'invite dans la maison familiale en prétextant une grave maladie.