La Cité interdite (Zhang Yimou, 2006)

de le 13/07/2007
 
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3ème essai dans le film en costumes pour Zhang Yimou, malgré des moyens énormes, une équipe technique de haut vol et un casting de fou c’est un rendez-vous manqué. La cité interdite souffre du même mal que toutes ces productions asiatiques à gros budget dont le seul but semble être de vouloir à tout prix plaire à l’occident en accumulant les clichés de l’imagerie chinoise… La mise en scène suit le même schéma: ralentis à outrance, mouvements de caméra amples, plans poseurs dans tous les sens. C’est beau, très beau même, mais on a presque l’impression de revoir le même film à chaque fois, un cinéma qui se désincarne et qui peu à peu, perd son âme et donc son charme….

De plus le point fort du film, ses décors impressionnants, se transforme vite en un défaut insurmontable. En effet tous les décors du palais sont faits d’or et de tentures de couleurs vives. Il est vrai que c’est magnifique mais autant de dorures à outrance font que le spectateur se retrouve fasciné par cela et ne porte plus d’attention à une histoire qui manque trop d’originalité pour convaincre et capter l’attention. Illustrer l’expression de « prison dorée » aurait pu être fait de façon plus subtile…

Le scénario fait la part belle aux intrigues de couloirs, trahisons, histoires d’amour… ça a été tellement vu et revu qu’on ne sent sent pas impliqué. Heureusement qu’un élément remonte largement le film: les acteurs. Quel bonheur de retrouver Chow Yun-Fat dans un rôle à sa démesure! Il incarne un roi froid et puissant qui impressionne par la seule force de son regard noir. Mais c’est bien sur une fois de plus Gong Li qui écrase tout le monde. Son personnage dramatique, le plus complexe de tous, illumine le film de sa beauté extraordinaire. Avec peu de lignes de dialogue, elle réussit à créer l’émotion et porte le film sur ses épaules.

On en attendait peut-être trop finalement… d’où une déception. Tout n’est pas à jeter pourtant, et on a droit à une belle révélation avec Jay Chou qui se dévoile comme un excellent acteur en plus d’être une pop-star déchainant les foules. Semi-ratage pour ce film plein de promesses qui devait être le grand retour de Chow Yun-Fat en Chine. Trop riche visuellement, trop esthétisant, le film ne sera apprécié que pour sa beauté formelle indéniable et pour la présence magnétique de Gong Li. Si seulement il avait bénéficié d’un meilleur scénario…

FICHE FILM
 
Synopsis

Chine, Xème siècle, Dynastie Tang. De retour à la Cité interdite après une longue absence, l'Empereur découvre qu'un complot se trame au coeur même de son palais. Les dangereuses alliances et les manipulations des conspirateurs n'ont qu'un seul but : prendre le pouvoir du plus grand Empire au monde. La trahison viendra de l'intérieur : une rébellion menée par la reine elle-même.