L.A. Zombie (Bruce La Bruce, 2010)

de le 28/09/2010
 
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Cette année à l’Étrange Festival il y avait 2 films en particulier qui pouvaient vraiment titiller notre curiosité longtemps avant de les voir. 2 films qui ont souffert d’interdictions et censures diverses et variées et qu’on attendait autant qu’on redoutait. Le premier c’était A Serbian Film, pétard mouillé sans intérêt, et le second L.A. Zombie, du nouveau pape du trash au cinéma, Bruce Labruce. À en croire les amateurs, le bonhomme n’est pas qu’un simple provocateur et peut même être considéré comme un auteur, et ses films aux titres évocateurs, de No Skin Off My Ass à the Raspberry Reich en passant par Hustler White, valent soit-disant largement le coup d’oeil. Pourquoi pas. Mais découvrir l’univers de Bruce Labruce, qui poursuit après Otto; or, Up with Dead People ses histoires de zombies gays avec L.A. Zombie est une erreur terrible et une expérience de non-cinéma dont on se serait bien passé. Ses films précédents sont sans doute intéressants mais celui-ci est une purge immonde, du genre vraiment atroce à tous les niveaux. Comme quoi, quand on croit avoir déjà vécu le pire dans une salle de cinéma, la médiocrité de certains « artistes » nous rappelle qu’il y a toujours plus mauvais. Et L.A. Zombie est sans doute le film le plus nul qui soit passé un jour devant les yeux de votre pauvre rédacteur, et pourtant on en a vu des daubes! L.A. Zombie c’est un peu le guide parfait de tout ce qu’il ne faut pas faire au cinéma. À noter que la version diffusée au Festival a été coupée de très nombreuses minutes et de la majorité des scènes de cul. Ah oui, car c’est également sensé être un porno gay.

Une fois arrivés au terme des soixante-trois petites minutes du film, une question nous taraude: mais qu’a voulu raconter Bruce Labruce? Car L.A. Zombie n’est qu’une pompeuse répétition de scènes qui virent rapidement à la blague potache, et ce du début à la fin. On suit l’errance dépressive d’un clochard à la tonsure étrange qui rencontre des gens bizarres en poussant son caddie ou en trimbalant ses sacs plastiques et qui traîne inlassablement ses baskets pourraves. En parallèle un type avec un maquillage type commando en mission camouflage et une dentition démesurée assiste à toute une série de décès atroces et vient nettoyer le bordel en réveillant les morts. C’est là que ça devient comique car il a une technique bien à lui pour ramener les défunts à la vie. En effet, étant donné que la créature bizarre est généreusement membrée, il lui suffit d’introduire son gros gourdin dans les blessures des cadavres pour les ramener à la vie. Magique! À mourir de rire aussi, car entre éjaculation faciale de sang et fellations sur ce membre crocheté on en a pour son argent, sauf que tout ça tourne sévèrement à vide.

Il s’avère que le titre est bien utile car autrement on n’aurait jamais deviné que ce personnage était un zombie, et le suivre dans ses déambulations dans un Los Angeles presque désert ennuie au bout de cinq minutes. Mais on espère toujours que le film va s’envoler, qu’on va avoir du cul ou un brin de folie. Sauf que non, jamais, Bruce Labruce se la joue Gus Van Sant du pauvre et ne livre rien d’autre qu’une sorte de film de vacances où on glisse sur des bâches en plastique tachées de sang, où on passe son temps à se tripoter la nouille et à se pisser dessus dans des déguisements SM. Le spectacle est littéralement affligeant car il ne raconte absolument rien. Tout cela ne serait qu’une métaphore? Comme si les zombies de Romero étaient devenus des homos bodybuildés symboles d’une société dépravée en perdition? On a du mal à le croire tant les errances de ce zombie là manquent cruellement de profondeur.

Succession de scènes débiles qui peuvent faire rire au 10000ème degré pendant les premières minutes, L.A. Zombie finit pourtant par agacer. Si Bruce Labruce avait au moins quelque chose à raconter, mais non il n’y a rien. Et ce n’est certainement pas la mise en scène qui rattrape les choses. Shooté à l’arrache dans une HD juste dégueulasse, le film laisse parfois voir quelles sont les ambitions formelles du réalisateur, pendant 2 minutes. Le reste du temps c’est du grand n’importe quoi, du boulot d’amateur indigne d’un mauvais étudiant. Aucune application dans les cadres, une lumière affreuse, une musique agaçante, le constat est déjà lourd. Mais on enfonce encore le bouchon avec un montage stupide qui voit toutes les séquences se retrouver à une place qui n’est certainement pas la leur. On alterne jour et nuit sans raison, les faux raccords ne se comptent même plus, formellement c’est une catastrophe. On peut également y ajouter le jeu des « acteurs » tous plus lamentables les uns que les autres. Pour la plupart ils n’ont aucune ligne de dialogue car quand ils ouvrent la bouche c’est pour attraper le gros machin de François Sagat, l’icône du porno gay objet de toutes les convoitises, mais les quelques séquences dialoguées font juste pitié.

[box_light]Dire que L.A. Zombie est un mauvais film reste encore très loin de la triste vérité. Bruce LaBruce signe là un film indigne de sa réputation et indigne du cinéma en général. Sur le plan formel c’est aussi beau qu’un film de vacances qu’aurait tourné un gosse de 4 ans et sur le fond, s’il n’y avait pas ce pseudo-zombie qui réveille les morts en y trempant son biscuit on en serait également à ce niveau. On comprend mieux pourquoi la plupart des festivals ont refusé de le diffuser, ce n’est pas tant pour ses scènes pornographiques absentes du montage vu ici mais sans doute pour la nullité absolue de cette chose qui dépasse l’entendement.[/box_light]

Crédits Photos : @ Arno Roca
FICHE FILM
 
Synopsis

Un étrange zombie de couleur bleuté émerge de l'océan pacifique avant d'être recueilli par un surfeur. Tous deux sont victimes d'un grave accident qui laisse le surfeur pour mort au milieu de la route. Mais le zombie va trouver un moyen de ramener le jeune homme à la vie. Immergée dans la Cité des Anges, la créature va dès lors se confondre avec un sans domicile fixe schizophrène et, tel un sauveur de l'ombre, se mettre en quête de nouveaux morts à ressusciter...