Iron Man (Jon Favreau, 2008)

de le 25/04/2010
 
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Marvel n’en finit plus de piocher dans son catalogue inépuisable de super-héros, à la recherche de la nouvelle poule aux oeufs d’or après les succés des franchises Spider-Man et X-men, et les échecs artistiques parfois honteux des Ghost Rider, 4 Fantastiques et autres Punisher

Faire un film tiré d’un comic book n’est pas chose facile, il faut savoir suffisament s’affranchir du matériau d’origine pour ne pas tomber dans une transposition plate et littérale (il y a tout de même un changement de médium difficile à gérer) tout en gardant l’essence même des personnages et de l’univers pour ne pas dénaturer l’oeuvre originale et en retrouver le charme. Beaucoup s’y sont cassé les dents (on a tous pleuré des larmes de sang devant les lamentables Daredevil, Elektra ou Spawn…) mais une poignée de réalisateurs intelligents ont réussi le pari (Tim Burton et Christopher Nolan pour Batman, Sam Raimi pour Spider-Man, Guillermo del Toro pour Hellboy et Blade et même Ang Lee et Louis Leterrier pour les mal aimés Hulk!). En résumé pour réussir une adaptation de ce genre il faut faire appel à un véritable artiste capable d’imposer un univers et une vision personnelle du héros.

Le projet Iron Man avait de quoi faire grincer des dents avec derrière la caméra un certain Jon Favreau, acteur sacrément sympathique chez les autres mais dont les précédents travaux en tant que réalisateur se nomment Elfe et Zathura, deux films qu’on peut voir au mieux comme oubliables, au pire comme extrêmement mauvais. On sentait donc la mise en place d’un pion, un yes-man, par les tous puissants Marvel et Paramount. Et on pouvait légitimement s’attendre à un spectacle commun et sans âme qui viendrait s’ajouter tranquillement à l’inépuisable liste (et qui n’a pas fini de grandir) des adaptations foireuses.

Mais parfois la grosse machine hyper huilée s’emballe et sans explication possible ces gens qui ne sont motivés que par l’appât du gain ont de bonnes idées. De bonnes idées qui flirtent même avec le coup de génie dans le cas présent, et celui-ci tient en seulement un nom: Robert Downey Jr. Le bad boy a une solide réputation auprès des cinéphiles et choisit souvent très bien ses films. À l’image du Tony Stark qu’il incarne, il a connu le succès planétaire, l’argent, les femmes et surtout, l’alcool. D’autres l’ont vécue avant lui cette mise en abîme d’un acteur qui se met face à ses vieux démons le temps d’un film, et il est certain qu’Iron Man n’aurait pas la même saveur sans sa présence! Le film s’apparentant, comme beaucoup de premiers épisodes d’une franchise, à une sorte d’introduction, on attend longtemps avant de voir Tony Stark enfiler son costume d’acier mais peu importe, l’acteur en roue libre assure son show de cynisme, de drague et de cool-attitude à la perfection, et il porte le film tout entier sur ses solides épaules.

La réalisation de favreau est loin d’être géniale mais s’accorde finalement plutôt bien au sujet, les effets numériques sont franchement bluffants pour une fois et apportent au film un réalisme inattendu. L’intégration est juste parfaite et jamais on ne voit les images de synthèses au milieu des prises live. En fait, la grande réussite de tout ça est d’avoir su pour la première fois marier blockbuster tout public et vrai film d’acteur, car c’est bien de ça qu’il s’agit. Mais toutefois, le film assure un spectacle très haut de gamme, ponctué de séquences assez mémorables comme la scène d’évasion qui est un modèle d’énergie portée à l’écran. Il ne fait aucun doute que Jon Favreau aime le personnage d’Iron Man, profondément, au moins autant que son acteur, et cet amour se ressent tout le long.

On pourra par contre reprocher une utilisation des seconds rôles vraiment sous-exploités, et c’est assez rageant quand on jette un oeil sur le casting. L’immense Jeff Bridges bénéficie d’un potentiel énorme mais gâché par une montée en puissance trop tardive et Gwyneth Paltrow est tout de même assez transparente derrière Robert Downey Jr qui semble parfois seul à l’écran. Mais il ne faut pas bouder son plaisir devant une adaptation vraiment réussie, jamais avare en action de qualité, proposant une vision intelligente du mythe du super-héros en même temps qu’un léger sous-texte politique pas con du tout. Pas parfait mais foutrement sympathique et cela constitue une belle introduction pour une franchise qui s’annonce à la fois de qualité et lucrative, pari tenu donc!

FICHE FILM
 
Synopsis

Tony Stark, inventeur de génie, vendeur d'armes et playboy milliardaire, est kidnappé en Aghanistan. Forcé par ses ravisseurs de fabriquer une arme redoutable, il construit en secret une armure high-tech révolutionnaire qu'il utilise pour s'échapper. Comprenant la puissance de cette armure, il décide de l'améliorer et de l'utiliser pour faire régner la justice et protéger les innocents.