Hitman (Xavier Gens, 2007)

de le 07/09/2009
 
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Adapter un jeu vidéo culte n’est jamais simple… sans même parler des nanars d’Uwe Boll la plupart du temps ces adaptations sont ratées soit car elles ne respectent pas l’univers du jeu soit car ce sont tout simplement de mauvais films. Pour Hitman on pouvait avoir peur… Xavier Gens qui se retrouve sur une production US dès son deuxième film (après un Frontière(s) plutôt attachant), coproduction entre la Fox et EuropaCorp (soit deux compagnies qui ne respectent rien), un acteur principal qui était magnifique dans la série Deadwood mais qui a du mal à confirmer au cinéma, un scénariste incompétent (Opération Espadon et Wolverine c’est lui)… Bref assez d’ingrédients pour se planter bien comme il faut. Mais dès la présentation du trailer, c’est la claque! On a l’impression de voir du cinéma à la John Woo, du lyrisme, une classe folle… et les espoirs renaissent. Sauf qu’entre temps, on entend que Gens a été viré du tournage, ne sachant pas faire autre chose que des scènes violentes, que le réalisateur de seconde équipe Olivier Megaton a du tourner des plans supplémentaires… tout cela a plus ou moins été réfuté ensuite par l’équipe mais il est clair qu’Hitman a souffert d’une production chaotique…

Et le résultat s’en ressent. On tient là un film bancal et surtout bourré d’incohérences, qui semble avoir été écrit en deux heures… Un film qui lorgne beaucoup plus sur la saga Jason Bourne que sur The Killer, alors que s’il fallait suivre un modèle c’était ce dernier. Un film qui n’a pas compris que respecter une franchise de jeu vidéo c’est bien plus subtil que de lui faire simplement deux ou trois clins d’oeil maladroits (l’Ave Maria tiré de l’épisode 4, les plans où on suit l’agent 47 de dos en légère plongée ou la scène des gosses qui jouent au jeu en question…). Bref du côté de l’adaptation réussie on repassera, du côté du scénario aussi… mais ça on s’en doutait un peu. Petit tour du monde qui s’attarde surtout en Russie, le film enchaîne les péripéties sans qu’on s’y intéresse vraiment et sans qu’on y croie. Dans ce genre de film, rien n’est crédible mais ça peut passer, ici l’agent 47 semble tellement irréel qu’on n’y croit pas une seule seconde.

C’est tout de même le meilleur élément d’une organisation qui compte les tueurs les plus efficaces de la planète… Donc qu’il soit plutôt balèze on le comprend. Par contre que ses ex-collègues qui se retrouvent à sa poursuite soient si mauvais c’est du grand n’importe quoi! Par exemple le sniper qui le rate à moins de 100m et qui dégomme un passant… Mais le summum reste quand même le combat entre quatre tueurs, 47 les démolit assez facilement car on croirait que les autres n’ont jamais tenu une arme… pas mal pour l’élite des tueurs! D’ailleurs cette scène est symptomatique des gros défauts d’Hitman, mal chorégraphiée, mal shootée, mal montée… une catastrophe! Et au niveau des incohérences il serait presque impossible d’en faire la liste tant il y en a. Et ce à un tel point que l’agent 47 ne semble jamais réellement en danger, donc il n’y a absolument aucune tension!!

Alors on se dit qu’il va se rattraper sur l’action… oui et non. Gens alterne de très belles scènes vraiment bien senties, avec de superbes cadrages qui viennent souligner le côté iconique de 47, avec des scènes qui semblent venir des plus mauvais nanars… c’est rageant. Alors certes on ne s’ennuie pas vraiment, on voit de belles images dépaysantes (même si on se rend compte que la gare de Moscou a été tournée en France, avec un beau flou pour masquer les panneaux… mais bon…), les gunfights envoient du lourd même s’ils reprennent des idées déjà vues ailleurs, en particulier chez John Woo donc en mieux… ça reste un divertissement relativement honorable qui se suit et qui s’oublie assez vite.

Un dernier soucis vient des acteurs… on passera rapidement sur Olga Kurylenko, certes très jolie, très sexy, pas pudique pour un sou, mais qui ne livre pas vraiment une performance d’actrice… Timothy Olyphant il a beau être beau mec, avec un rôle assez froid, on sent bien qu’il n’est pas impliqué du tout. Il est fade, ne dégage rien du tout alors que le rôle avait besoin d’un acteur avec un gros charisme! Robert Knepper reste sobre, Dougray Scott est transparent… il y a eu un vrai mauvais choix dans le casting!

On s’en doutait un peu, Hitman se casse la gueule assez vite, le film ne tient pas la route, accumule les erreurs sur tous les points… le seul à bien s’en sortir c’est finalement Xavier Gens qui a fait du mieux qu’il pouvait en bossant pour un studio broyeur de talent. Il réussit à livrer quelques très belles scènes dans un ensemble pas forcément honteux (quoique…) mais qui tient plus de l’anecdote que d’un véritable film. Déception, à voir une fois… ou pas.

FICHE FILM
 
Synopsis

Crâne rasé, code barre tatoué sur la nuque, costume noir, chemise blanche et cravate rouge : l'agent 47 est le plus mystérieux et le plus insaisissable des tueurs professionnels. Réputé pour la minutie avec laquelle il va jusqu'au bout de ses missions, il obéit toujours à un protocole strict : extrême vigilance, extrême discrétion et extrême soin apporté à l'exécution de ses contrats. Patience et détermination sont ses deux armes de prédilection. Rien ne l'arrête. Sa signature : l'absence de preuves. Sa spécialité : disparaître sitôt sa mission accomplie. Un vrai fantôme, obligé de se découvrir le jour où Belicoff, candidat aux élections russes, lui tend un piège. Avec Interpol, les services secrets russes et trois tueurs de sa propre agence à ses trousses, l'agent 47 est contraint de briser son propre protocole pour mener à bien sa mission...