Harry Potter et l’ordre du Phénix (David Yates, 2007)

de le 15/07/2007
 
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Mission difficile, voire impossible, pour David Yates: adapter le tome reconnu comme le plus ennuyeux de la saga Harry Potter et réveiller une franchise qui se laisse aller à la médiocrité après Harry Potter et la coupe de feu, l’épisode de Mike Newell, pas foncièrement mauvais mais sans beaucoup de style. Et heureusement Yates et son scénaristes semblent avoir tout compris à comment adapter un roman sur grand écran. Ils insuflent au récit une dimension épique et un traitement des personnages qui les rapprochent beaucoup de notre réalité, en faisant de vrais adolescents avec des problèmes et des questions d’adolescents, pas seulement des sorciers. Mais cela sans pour autant se transformer en teen movie basique et sans saveur.

Tous les bavardages et scènes inutiles du livre sont ainsi mis à la trappe pour le plus grand bonheur du spectateur vierge de cette saga littéraire et qui pouvait légitimement craindre de passer 2h20 à s’ennuyer sévère.

De plus le réalisateur a eu la bonne idée de s’inspirer visuellement de Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban, l’opus du mexicain Alfonso Cuarón à tendance dark fantasy, qui est de loin le meilleur des films de la franchise même si les enfants l’ont détesté. L’ordre du Phoénix est très noir, désespéré à l’image de l’icône Harry qui semble complètement perdu et terriblement seul. Si on n’atteint jamais le génie visuel de Cuarón et son inventivité, on n’en est bien plus proche que de la platitude de Chris Columbus.

Au niveau de l’interprétation, c’est du même niveau que les autres épisodes. C’est clairement Harry qui est mis en avant, Ron et Hermione étant très en retrait. Le personnage de Sirius Black interprété par Gary Oldman fait son grand retour, ainsi que d’autres dans des rôles à la limite du caméo. On apprécie les rares apparitions d’Helena Bonham Carter qui semble tout droit sortie d’un film de son cher et tendre Tim Burton!

Le deuxième tiers du film est assez mou mais l’ouverture du film est monumentale, profonde et le duel final tant attendu tient toutes ses promesses. Tout bonnement dantesque et jouissif, il prouve que Yates maitrise drôlement bien sa caméra. Sa place de réalisateur pour le sixième opus, soit-disant beaucoup plus riche en action, semble donc être une très bonne idée tant le bonhomme possède un style tout à fait intéressant, même si pas fou d’originalité non plus.

Transformer un bouquin réputé chiant à mourir et inadaptable en un bon film de divertissement qui relance complètement une franchise sombrant dans la léthargie. C’est ce qu’a réussi David Yates avec cet ordre du phénix plus que recommandable même s’il n’atteint jamais la forme de perfection du troisième épisode. La suite des aventures du sorcier à lunettes part sous les meilleurs espoirs.

FICHE FILM
 
Synopsis

Alors qu'il entame sa cinquième année d'études à Poudlard, Harry Potter découvre que la communauté des sorciers ne semble pas croire au retour de Voldemort, convaincue par une campagne de désinformation orchestrée par le Ministre de la Magie Cornelius Fudge. Afin de le maintenir sous surveillance, Fudge impose à Poudlard un nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, Dolorès Ombrage, chargée de maintenir l'ordre à l'école et de surveiller les faits et gestes de Dumbledore. Prodiguant aux élèves des cours sans grand intérêt, celle qui se fait appeler la Grande Inquisitrice de Poudlard semble également décidée à tout faire pour rabaisser Harry. Entouré de ses amis Ron et Hermione, ce dernier met sur pied un groupe secret, "L'Armée de Dumbledore", pour leur enseigner l'art de la défense contre les forces du Mal et se préparer à la guerre qui s'annonce...