Harry Potter et le prince de sang mêlé (David Yates, 2009)

de le 21/07/2009
 
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Il faut croire que la Warner Bros est dirigée par des incapables… ça fait déjà 6 films et il n’y en a qu’un seul, le Prisonnier d’Azkaban, qui soit vraiment réussi! Il faut dire que c’est le seul réalisé par un vrai metteur en scène capable d’autre chose que de la comédie, Alfonso Cuarón, le reste c’est une succession de simples faiseurs qui ne sont pas capables de créer un univers auquel on s’attache. Et David Yates, si sa série State of Play (à l’origine de Jeux de Pouvoir) était très bien, il s’avère qu’après un Ordre du Phoenix relativement prometteur il n’est pas le bon choix… je n’ai pas lu les romans, ils ne m’intéressent pas, donc je ne sais pas si l’adaptation est bonne mais le film en lui-même est une catastrophe. Au moins dans les deux derniers il y avait un peu d’action de temps en temps, sans que ça soit passionnant mais histoire de rester éveillé. Dans le petit dernier il n’y a rien! Il faut attendre les dernières 20 minutes pour qu’il se passe enfin quelque chose à l’écran… et avant ça il y a plus de deux heures… deux très longues heures…

Alors oui, l’univers de la magie est toujours aussi sympathique, oui qu’on le veuille ou non on s’est attaché à ces personnages qu’on voit grandir depuis 8 ans… mais faut arrêter de prendre les spectateurs pour des buses! Car il faut dire que la bande annonce était très maline, elle nous promettait un sacré spectacle!! Et bien que dalle!! Le spectacle il n’arrive qu’à la fin et on s’ennuie tellement avant qu’on a du mal à l’apprécier.

Pourtant ça commençait vraiment pas mal avec une ouverture que n’aurait pas renié Roland Emmerich, un bel exemple de terrorisme sorcier avec la destruction en règle d’un pont londonien… sauf qu’on déchante assez vite. En fait, pour simplifier, l’affiche choisie ci-dessus pour illustrer cet article est celle qui correspond le mieux à l’état d’esprit de ce sixième Harry Potter.

En effet, pendant deux heures on suit les mésaventures amoureuses de Harry, Ron et Hermione… et quand on est venu voir des batailles entre sorciers et bien ça énerve. Entre déclarations d’amour, gestes timides, filtres d’amour… il y a de quoi revoir à la hausse les deux premiers films qui étaient déjà d’un ennui mortel, on bat des records là! En fait ces deux heures (j’insiste car c’est long quand on s’ennuie) sont construites sur le modèle des plus mauvais teen movies, genre American Pie, sauf que dans ce dernier y’a un peu de trash et du cul… pas chez Harry Potter, c’est pour les enfants, sauf que les enfants ça risque de les gonfler aussi ces amourettes inintéressantes!!!

On a droit aux premiers baisers (d’ailleurs on est proche de la série d’AB du même nom…), premières jalousies, premières obsessions et premiers chagrins… comme c’est mignon tout plein! Et ça se finit avec l’habituel (pour un teen movie) bal de fin d’année… pathétique! Tellement nul que ça en devient drôle… car oui, même si ce n’est certainement pas voulu, on rigole beaucoup devant ce nouvel Harry Potter! En même temps il faut bien s’occuper quand il ne se passe rien de passionnant à l’écran, donc on rigole d’autant de bêtise accumulée dans un si gros budget. Ce qui est dommage c’est qu’au milieu de toute cette mièvrerie on nous apporte beaucoup de réponses importantes sur cet univers! Sauf qu’on n’y prête presque aucune attention. De l’ensemble du film, un seul personnage se révèle vraiment intéressant, c’est Drago Malfoy, il est tellement torturé par ses choix, loin d’être aussi terre à terre que de savoir avec qui aller au bal, qu’il en devient passionnant jusqu’au bout.

Par contre Harry, on se fout royalement de ce qui lui arrive… d’ailleurs Daniel Radcliffe on a l’impression que le rôle ne l’intéresse plus, il est d’une transparence inquiétante, se traîne la même expression désabusée du début à la fin et nous lance des répliques piquée à Keanu Reeves dans Matrix… « I’m the chosen one » c’est à mourir de rire!

Le problème c’est qu’avec le départ de Gary Oldman, l’absence de Ralph Fiennes et le peu de temps à l’écran du personnage le plus barge (Béatrix, interprétée par Helena Bonham Carter) il ne reste plus que Dumbledore de charismatique et il n’a pas tant de scènes que ça, quand il ne vient pas sortir des réflexions ridicules sur la situation amureuse d’Harry… Ça sent bon le massacre de la franchise presque jusqu’au bout.

Presque car brusquement on a l’impression que démarre un nouveau film. Et on a enfin le film qu’on était venu voir! Dantesque, rythmé, noir, tragique… de superbes images, une mise en scène qui prend de l’ampleur en même temps que les intérêts de l’histoire! Là on retrouve le film qui nous a été vendu, les masques qui tombent vraiment, une réelle tension dramatique… c’est rageant car peu importe le matériau d’origine, si tout le film avait bénéficié de la même énergie ça aurait été une réussite!! Quoi qu’il en soit, aussi impressionnante soit-elle, cette dernière partie n’efface malheureusement pas la terrible déception qui l’a précédée… Film de transition c’est certain, le prince de sang mêlé est avant tout un film inutile… 2h30 là où un court métrage aurait suffi ça fait très mal.

On attend donc le dernier opus qui se déroulera sur 2 films, mais sans en attendre trop, car on retrouvera le même réalisateur à la barre… vraiment dommage quand on voit ce final de malade! Ça s’appelle un rendez-vous manqué…

FICHE FILM
 
Synopsis

L'étau démoniaque de Voldemort se resserre sur l'univers des Moldus et le monde de la sorcellerie. Poudlard a cessé d'être un havre de paix, le danger rode au coeur du château... Mais Dumbledore est plus décidé que jamais à préparer Harry à son combat final, désormais imminent. Ensemble, le vieux maître et le jeune sorcier vont tenter de percer à jour les défenses de Voldemort. Pour les aider dans cette délicate entreprise, Dumbledore va relancer et manipuler son ancien collègue, le Professeur Horace Slughorn, qu'il croit en possession d'informations vitales sur le jeune Voldemort. Mais un autre "mal" hante cette année les étudiants : le démon de l'adolescence ! Harry est de plus en plus attiré par Ginny, qui ne laisse pas indifférent son rival, Dean Thomas ; Lavande Brown a jeté son dévolu sur Ron, mais oublié le pouvoir "magique" des chocolats de Romilda Vane ; Hermione, rongée par la jalousie, a décidé de cacher ses sentiments, vaille que vaille. L'amour est dans tous les coeurs - sauf un. Car un étudiant reste étrangement sourd à son appel. Dans l'ombre, il poursuit avec acharnement un but aussi mystérieux qu'inquiétant... jusqu'à l'inévitable tragédie qui bouleversera à jamais Poudlard...