G.I. Joe: Le réveil du Cobra (Stephen Sommers, 2009)

de le 11/01/2010
 
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Aïe aïe aïe!!! Parfois on tombe sur des films comme ça où on réalise qu’on préférerait presque être aveugle que d’avoir à subir ce genre de spectacle consternant de nullité… On pouvait s’en douter, c’est le genre de produit qui s’est imposé à ses producteurs suite au succès monstre des Transformers (deux plaisirs coupables totalement assumés par votre serviteur), qui hérite d’un budget colossal (170M€) et qui le dépense totalement dans un casting et des CGI… En confiant le scénario à des incapables qui ont réussi à pondre un script plus con que celui qu’aurait imaginé un enfant de 5 ans et la réalisation à un tâcheron de la trempe de Stephen Sommers (Ok la Momie c’était sympa mais c’était il y a 10 ans et entre temps il a signé sa suite immonde et la purge Van Helsing!!) Paramount a juste fait les pires choix possibles pour mettre en place un blockbuster ambitieux… et certains trouvent ça mieux foutu et plus fun que Transformers 2 ou Terminator Renaissance??? La bonne blague…

Pour faire simple, G.I. Joe c’est nul, mais vraiment! Autant on peut apprécier, de temps en temps, se faire plaisir devant un gros machin d’action fun et régressif, autant être pris pour un imbécile c’est de suite moins sympa. Hors là c’est le cas. Alors ça commence par une scène en France au Moyen-âge et c’est à peine commencé qu’on se dit déjà What the fuck?? Complètement hors-sujet, la scène ne servira qu’à justifier la présence d’un masque en métal dans le décor… C’était sans doute pour faire de beaux éclairage à la torche! Puis la bonne douzaine d’acteurs présents au générique (faut bien que le budget pharaonique se voit quelque part) se voit mis en scène progressivement. Sur ce point c’est réussi, il n’est jamais simple de jongler avec autant de personnages, mais comme l’intrigue n’est ici qu’un prétexte à un étalage de fric sur l’écran, c’est plus simple.

Une scène d’attaque un peu molle jusqu’à l’arrivée des fameux G.I. Joe et on est parti pour deux heures de grand n’importe quoi pendant lesquelles le plus intéressant sera de se délecter des jolies courbes de Sienna Miller, avouons-le bien mises en valeur par sa combinaison de cuir… et oui on en tombe à ce niveau là… Défilé d’acteurs, certains has-been, d’autres montants, on aura pas grand chose d’intéressant à voir. Mais bon, on se dit qu’on est venu voir du grand spectacle! Sauf que même sur ce point le film n’assure pas!! Très franchement même si c’est vrai que les scènes d’action sont bien plus lisibles que dans Transformers, elles ne sont pas plus efficaces, loin de là… Sommers et ses scénaristes ont sans doute pensé que les spectateurs pour ce genre de film ne sont pas très regardant et n’ont peut-être pas de cerveau, tout le film suit donc cette logique implacable de l’échec.

On peut comprendre que ce genre de film, un blockbuster estival bien con, n’hérite pas d’un grand scénario mais quand même!! Là c’est juste débile, les personnages sont affreusement mal écrits, leurs actions sont inexplicables (le gentil devient méchant puis redevient gentil… et vice versa, mais sans trop qu’on sache pourquoi…), les évènements sont juste un prétexte, ça pue le pro-militarisme à outrance, on nous balance une histoire d’amour à deux balles dont on se fout royalement… sans même parler des flashbacks pesants et emmenés par des transitions ridicules. Les quelques fights sont chorégraphiés avec les pieds, la mise en scène est impersonnelle au possible, ça pompe des scènes à tout va (James Bond, Star Wars, Firefox…), les révélations ne seront des surprises que pour ceux qui se sont endormis en début de projection… bref c’est naze.

Les acteurs sont au dessous de tout et prennent la chose très au sérieux… Entre Denis « depuis combien d’années j’ai pas fait un bon film? » Quaid, Saïd Taghmaoui le surdoué avec 3 lignes de dialogue, Jonathan Pryce et Arnold Vosloo qui font de la figuration, Lee Byung-hun qui a toujours autant la classe en ninja blanc mais qui n’échappe pas au ridicule, Ray Park toujours masqué… et Joseph Gordon-Levitt qu’on avait jamais vu aussi mauvais. Tous autour du duo principal, Channing Tatum et Marlon Wayans, le premier prenant les choses un peu trop sérieusement, le second étant ridicule et lourd comme à son habitude… Non vraiment y’a du talent gâché! Heureusement qu’il y a Sienna Miller et Rachel Nichols, les deux atouts de charme qui empêchent de sombrer dans un coma libérateur.

Alors oui il y a une scène assez énorme dans un Paris mal reconstitué (la course poursuite passe par tous les monuments parisiens dans une logique géographique assez confuse…), avec une destruction de la Tour Eiffel que n’aurait pas renié Roland Emmerich, c’est rythmé bien comme il faut mais il n’y a pas non plus de quoi se lever la nuit… Le dernier acte reprend l’empire contre-attaque en mode sous-marin, Joseph Gordon-Levitt se prend pour Dark Vador, et on a droit à une succession de climax aussi peu intéressants que mal venus car quand on arrive au bout de ces deux heures, on a qu’une seule envie, que ça s’arrête!!!

P.S. La note qui peut paraître généreuse tient compte de la présence des 2 actrices vêtues de combinaisons de cuir moulantes et de 2 ninjas (et les ninjas c’est bien).

Spectacle mal foutu, pas drôle, réalisé sans talent, et surtout con comme ce n’est pas permis (franchement les répliques compilent tout ce qu’il y a eu de plus ridicule au cinéma ces vingts dernières années!), G.I. Joe est loin d’être LE blockbuster de l’été 2009 comme on a pu le lire, c’est juste un nanar de 170M€ prétentieux et tout simplement très mauvais.

FICHE FILM
 
Synopsis

Des montagnes de l'Asie centrale aux déserts d'Egypte, des rues de Paris au pôle Nord, les agents de l'équipe d'élite connue sous le nom de G.I. Joe mènent une lutte acharnée contre un ennemi redoutable. Disposant des toutes dernières technologies en matière de renseignement et de matériel militaire, ils combattent le puissant marchand d'armes Destro et la mystérieuse organisation terroriste nommée Cobra, qui cherchent à plonger le monde dans le chaos...