Filatures (Yau Nai-Hoi, 2007)

de le 23/04/2009
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

Filatures est le premier film en tant que réalisateur de Yau Nai Hoi, qui n’est pas débutant pour autant dans l’industrie car il est le scénariste attitré de Johnnie To pour qui il a écrit entre autres Election 1 et Election 2, PTU, Running on Karma, Running Out of Time, The Mission… Bref tous les meilleurs films du nouveau maître de Hong Kong.

Pour son passage derrière la caméra il s’entoure d’un casting et d’une équipe technique habitués des films de To, qui produit le film par le biais de sa société Milyway. On reconnaitra donc Simon Yam, Lam Suet… Là où Yau Nai Hoi fait fort c’est qu’il réussit à se démarquer de tous ces polars produits à HK et fortement influencés par l’esthétique de Johnnie To. En effet il oublie le côté très (trop) esthétisant qu’on peut trouver dans ces productions récentes (Exilé en est le meilleur exemple, même si c’est un chef d’œuvre) en s’orientant plus vers du réalisme, caméra souvent à l’épaule. On sent clairement l’influence des séries TV américaines modernes sur le traitement de ces brigades spécialisées.

Ici on tend clairement vers des films comme Ennemi d’État ou la Mort dans la Peau avec une utilisation intelligente des techniques d’espionnage moderne (utilisation du réseau de caméras urbaines, traçage de carte de crédit…) en plus des filatures classiques auxquelles le titre fait référence. La grande force du film tient dans son scénario bien entendu, Yau Nai Hoi prouve une fois de plus l’étendue de son talent dans le domaine en créant de nombreux enjeux dramatiques et une tension parfois spectaculaire. Le duel que se livrent à distance Simon Yam et Tony Leung Ka-Fai est à ce propos un modèle du genre qui donne lieu à quelques scènes mémorables et qui se conclue de manière somme toute logique.

Pour une fois on a aussi droit à des personnages féminins qui ne sont pas des cruches, fait assez rare. Même si certaines scènes semblent provenir d’autres films déjà vus, Filatures est suffisamment original et son scénario assez solide pour sortir de la masse et pour un 1er film l’effort est à saluer. Par contre il ne faut pas s’attendre à un polar mêlant action et gunfights, comme on en a l’habitude avec la Milyway car ça n’est vraiment pas le cas!

Côté mise en scène le réalisateur s’en sort avec les honneurs même s’il n’y a rien d’exceptionnel, on reste tout de même en terrain connu. Côté casting on n’est pas surpris non plus. Simon Yam lâche sa classe glamour habituelle pour une couverture de gros beauf qui étonne, Tony Leung commence à vraiment assurer dans les rôles sérieux et la jeune Kate Tsui s’en sort très bien face à nombre d’acteurs confirmés qui en plus ont l’habitude de jouer ensemble.

C’est un premier essai seulement donc il y a des écueils, de plus l’ombre de To plâne beaucoup trop sur l’ensemble du film, ce qui rend le spectateur beaucoup moins indulgent. Néanmoins il est fort possible que ça soit la naissance d’un futur talent en tant que réalisateur car il y a quelques bonnes idées novatrices au milieu d’autres déjà vues. A suivre donc.

FICHE FILM
 
Synopsis

Une branche secrète de la police de Hong Kong mène des filatures sophistiquées. Le Capitaine Huang engage Piggy, une débutante au visage ingénu, donc, insoupçonnable. Ensemble, ils vont tenter de remonter jusqu'au " cerveau " d'un casse. Mais le cerveau devine le danger et disparait. Piggy est assignée à une nouvelle affaire. Alors qu'elle est en pleine filature, sa route croise celle du cerveau...