Equilibrium (Kurt Wimmer, 2002)

de le 30/06/2007
 
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Film de SF franchement ambitieux, Equilibrium ne mérite pas sa vilaine réputation et s’avère assez fascinant. Dopé aux séquences d’action qui tapent fort, porté par un scénario en béton et des acteurs en place tels des rocs, ce premier long métrage du scénariste Kurt Wimmer laisse de beaux espoirs quant à son avenir de cinéaste.

Equilibrium est une petite curiosité qui vaut beaucoup mieux que sa réputation de clône de Matrix qu’il se coltine depuis sa sortie. En effet le seul lien véritable entre les deux films, outre le fait qu’il s’agisse de science-fiction, vient des tenues vestimentaires… ce qui, avouons-le, est tout de même assez léger pour comparer deux oeuvres!

Il s’agit d’un film de science-fiction très ambitieux, peut-être trop et qui souhaite se poser en héritier de 1984, Fahrenheit 451, Metropolis, Alphaville ou Brazil. Le point commun entre ces films? Une représentation futuriste de régimes politiques devenus totalitaires. On trouve dans Equilibrium un peu de tout ça : un personnage supérieur qui contrôle la population, une drogue pour maîtriser toute initiative personnelle, les oeuvres d’art détruites… tout y est. Visuellement, c’est tout à fait crédible, le film ayant été tourné dans de vieux bâtiments nazis, ce qui renforce l’image totalitaire et fasciste du régime présenté ici. On peut ajouter à cela un aspect présent dans plusieurs autres grands films de SF, la théorie du complot et le personnage qui ouvre les yeux sur le monde qu’il aide à contrôler, thématique présente de Judge Dredd à Minority Report.

Le film est également réussi sur l’aspect des combats, pas vraiment nombreux mais tous très intenses, avec des chorégraphies de gunfights inspirés de combats à l’épée. On croirait presque voir du pur John Woo à vitesse accélérée! C’est franchement bien fait même si la réalisation ne colle pas toujours parfaitement à l’action et empêche une immersion totale.

Au chapitre des défauts importants, on peut reprocher au film plusieurs passages d’une niaiserie ridicule et inutiles (la scène avec le chiot, la Joconde… le héros qui s’émeut et qui trois secondes plus tard casse toutes les articulations qu’il peut dans un excès de violence qui ferait peur à Steven Seagal! Pas crédible pour un sou). Mais l’impression générale est tout de même très bonne avec une ambition certaine, un visuel sophistiqué et réussi, un scénario plutôt bien construit à défaut d’être vraiment original, des acteurs assez convaincants même si relativement figés dans leurs expressions… bref un bon film de SF qui mérite mieux que sa réputation de sous-Matrix, ce qu’il n’est définitivement pas.

FICHE FILM
 
Synopsis

Dans les années 2070, dans la citadelle de Libria, les émotions n'existent plus, supprimées par l'absorption quotidienne de Prozium. Cette drogue anti-anxiété rend les gens plus heureux et plus productifs. Les individus ont ainsi accepté de mettre de côté leur liberté pour vivre en harmonie avec leur dirigeant spirituel connu sous le nom de Père. Les personnes qui refusent de prendre leur dose sont considérées comme des rebelles et vivent en retrait de la ville. S'ils sont pris à jeun, c'est la peine de mort assurée.
John Preston travaille au service de Père et applique la loi à la lettre. Un jour, celui-ci brise le flacon de sa dose et n'a pas le temps de s'en procurer une de rechange. Il est alors submergé par toute une gamme d'émotions. Victime d'un revirement spirituel qui le confronte à ses supérieurs hiérarchiques, il mène l'enquête sur ce nouvel état de vie.