Dobermann (Jan Kounen, 1997)

de le 17/01/2008
 
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Dobermann… ou quand le fou furieux surdoué responsable des courts métrages cultes Gisèle Kérosène et Vibroboy, ainsi que des pubs pour Orangina rouge, entre autres, se lance dans l’aventure du long métrage. Et avec les critiques reçues lors de sa sortie, ce premier long métrage aurait également pu être son dernier… Taxé d’irresponsable, de tâcheron et même de fasciste par une partie des « bien-pensants » de la critique française, Jan Kounen aurait très bien pu en rester là… Mais heureusement le personnage est assez intelligent, sur de lui, et détaché, pour saisir que ces gens n’ont absolument rien compris au film. De la même manière qu’ils ne comprendront sans doute jamais l’essence même du cinéma, qui peut être l’art de l’outrance dans lequel tout est permis. Car Dobermann c’est avant tout le délire d’un réalisateur qui peut enfin s’amuser avec des jouets à sa mesure, un véritable artiste capable de folies visuelles et qui passe son temps à inventer. Et des metteurs en scène avec des idées, c’est suffisamment rare pour qu’on s’intéresse de près à eux.

Toute la folie qu’on trouvait dans ses courts-métrages ou ses spots publicitaires se retrouve ici, sans aucune perte de rythme et sans aucun sacrifice envers le bon goût ou la morale! Si le scénario tient sans doute sur un post-it, quoique ceci se prête à discussion, Jan Kounen nous éblouit par sa  mise en scène. Ce bonhomme est un virtuose, il n’y a pas de doute. Il le confirmera d’ailleurs dans ses deux films suivants. Il y a des tonnes d’idées nouvelles dans chaque plan, il réussit à transcender son budget déjà conséquent (33000000 Francs pour un 1er film, c’était pas mal à l’époque!) pour livrer une oeuvre complètement barge, sans aucun temps mort, très violente, complètement amorale, avec des personnages hauts en couleurs. Mais surtout un film extrêmement drôle si on le prend pour ce qu’il est, à savoir un cartoon live, du délire pur qui n’existe qu’au second degré. C’est sans doute la raison pour laquelle les imbéciles ne l’ont pas accepté.

Les acteurs sont impeccables avec une mention à Tcheky Karyo qui joue le rôle de sa vie avec cet inspecteur Santini adepte de la torture et descendant direct des hommes de la gestapo, simplement inoubliable! Les autres ne sont pas en reste et on ne compte plus les scènes carrément cultes (le braquage, le « grenadage » du motard, le massacre de la boîte de nuit…). C’est presque normal que le film se soit fait descendre par la presse cinéma (on notera au passage un beau clin d’oeils aux Cahiers du Cinéma quand Romain Duris cherche du papier pour se torcher), ce film ne respecte rien et doit être pris au second degré, voir au troisième. Mais si on est capable de se détacher de la morale, on tient là un film culte en puissance!

Violent, outrancier, complètement barré, Dobermann est un véritable comic-book qui prend vie en live, tout en étant une création originale. Jan Kounen applique au long métrage la recette de ses merveilleux courts et signe un film qui fourmille d’idées de mise en scène et se permet à peu près tout. Un gros majeur tendu bien haut qui continue d’influencer les clippeurs et qui marquait la naissance d’un réalisateur génial ainsi que d’une troupe d’acteurs fabuleux.

FICHE FILM
 
Synopsis

Le Dobermann et son gang défraient la chronique. Banques, postes, fourgons, tout y passe. Une anthologie du braquage, un best-of du hold-up ! En face d'eux, un flic quelque peu pourri, qui fait de leur arrestation une affaire personnelle.