Destination Finale 5 (Steven Quale, 2011)

de le 25/08/2011
 
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Il y a une petite dizaine d’années, un certain James Wong, avec son pote Glen Morgan, figures essentielles de la série X-Files dont ils ont écrit une cinquantaine d’épisodes, a eu l’idée géniale de créer une variation du neo-slasher avec Destination Finale premier du nom. Depuis James Wong a plutôt mal tourné mais son idée a survécu et Destination Finale est devenu une franchise horrifique efficace dans son genre. Le concept est toujours le même, à savoir une bande d’adolescents qui échappe à la mort suite à une vision de l’un d’entre eux puis celle-ci vient réclamer son dû et prend un malin plaisir à mettre en scène des décès complètement fous. Du neo-slasher carrément ludique avec pour seul véritable intérêt des mises à mort de plus en plus inventives et graphiques, le summum ayant été atteint lors du second épisode qui, non content de posséder la séquence d’ouverture la plus dingue de la saga (le crash sur l’autoroute) faisait preuve d’un vrai sadisme assez génial par la suite. Malheureusement, comme tous les concepts horrifiques, cela tourne sévèrement à vide depuis et tout bon spectateur est en droit d’attendre un peu plus d’ambition. C’est là qu’arrive ce cinquième, et à priori dernier, épisode de la saga vendu de la même manière que l’anecdotique Scream 4 : « nouvelle décennie, nouvelles règles ». Enfin un peu d’originalité injecté au concept? Oui, mais on est tout de même très loin de la révolution. Destination Finale 5 séduit ou agace pour les mêmes raisons que ses prédécesseurs, ni plus ni moins.

On sent pourtant à la fois la volonté d’injecter une certaine forme de sang neuf et celle de conclure la saga pour de bon, et de la meilleure façon qui soit. Au final, il ne fait aucun doute que Destination Finale 5 est le meilleur opus après le second de David R. Ellis, inaccessible, ce qui n’en fait pas un grand film pour autant. En effet la saga étant, à l’image de la production horrifique « grand public » globale, plutôt faible, il n’y a pas de quoi crier au génie quand un film hausse légèrement le niveau. Certes Destination Finale 5 possède son lot de séquences jouissives, parfois même à l’extrême, mais cela ne fait pas tout. Alors oui, on prend un vrai plaisir sadique devant le jusqu’au-boutisme de certaines mises à mort qui pousse le vice vraiment loin. Pas avare en images dégueulasses (la séance de gymnastique, la première et la plus réussie) perpétue donc la tradition du gore tous publics grâce à quelques trésors d’inventivité pour les mini scénarios qui se succèdent avec un fil conducteur encore une fois trop mince. C’est là une de ses grosses faiblesses, inhérente à la saga, un scénario qui reprend exactement le même schéma éculé, avec les mêmes explications, comme s’il fallait à chaque fois redécouvrir et re-expliquer pourquoi la mort devait venir se venger. On n’y prête plus la moindre attention et Destination Finale 5 adopte cette forme de petites histoires accolées les unes aux autres sans que jamais on ne s’attache aux personnages ou à leur sort malheureux. Quant à la fameuse nouvelle règle tant attendue, elle consiste à ajouter un petit côté Battle Royale pas déplaisant sur le papier mais totalement vain à l’écran et faisant s’écrouler un des fondamentaux du charme de la franchise : un boogeyman immatériel. Ceci dit, le film remplit son contrat de morts atroces, souvent très drôles, généralement bien crades et parfois même franchement dérangeantes, dont une séquence d’opération de la cornée qui ravira tous les spectateurs sensibles aux agressions oculaires.

Une autre excellente idée de Destination Finale 5 est d’enfin boucler la boucle de la saga, ce qui laisse supposer qu’il n’y aura pas de suite. Un final nostalgique et hautement jouissif qui vient conclure l’aventure intelligemment, et dans le même ton à la fois drôle et sanglant que tout ce qui précède. Malheureusement, Destination Finale 5 souffre de maux franchement déplaisants. Ainsi, outre son scénario qui n’est qu’un prétexte à une succession d’évènement sans fil conducteur concret, il va falloir composer avec une bande d’acteurs tous plus nuls les uns que les autres. Jouent-ils le second degré à fond? Est-ce une parodie? On se le demande encore, mais le résultat à l’écran est assez déplorable, et ce ne sont pas les rares apparitions du grand Tony Todd (Candyman forever) qui changeront quoi que ce soit. De la même manière, Steven Quale a beau se réclamer héritier de James Cameron, il est sans doute un excellent technicien mais ne montre aucun talent particulier pour la mise en scène, à la différence de son « mentor ». Loin d’être minable pour autant, Destination Finale 5 manque juste d’idées de mise en scène et voit son impact souvent amoindri par des effets numériques franchement foirés. Quand à la 3D, elle apporte quelques artifices amusants, nous rappelant les excès de Jackass 3D mais en gore, mais ne s’avère pas spécialement indispensable. On se marre, on a droit à une bonne dose d’images dégueulasses et c’est assez clairement le meilleur bout de péloche horrifique ayant atterri au cinéma cette année, ce qui en dit long sur le naufrage du genre…

FICHE FILM
 
Synopsis

Dans ce cinquième épisode, la Mort est toujours aussi omniprésente et se déchaîne après qu’un homme soit victime d’une terrible prémonition, laquelle permet de sauver ses collègues de l’effondrement d’un pont suspendu. Ce groupe d’âmes innocentes n’était pas supposé survivre, et, dans une course terrifiante contre le temps, ces malheureux tentent frénétiquement de trouver le moyen d’échapper au sinistre agenda de la Mort.