Deadball (Yudai Yamaguchi, 2011)

de le 11/09/2011
 
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Étrange Festival 2011 : Compétition Internationale.

Sushi Typhoon vampirise l’Étrange festival cette année, et c’est à Deadball qu’incombe la lourde tâche d’ouvrir le bal. 3ème production 2011 du studio au poisson cru sous l’égide de la puissante Nikkatsu, Deadball est le 10ème film de celui qui n’était pendant longtemps que connu comme le co-auteur du formidable Versus de Ryuhei Kitamura et qui entama sa carrière avec le bancal mais attachant Battlefield Baseball. À faire cet étrange manga live aussi gore que drôle, ils ont semble-t-il pris un pied énorme, lui et son acteur/ami Tak Sakaguchi, tellement énorme qu’ils refont quasiment la même chose 8 ans plus tard. Deadball c’est d’ailleurs une sorte de spin-off autour du même personnage, celui de Jûbei Yakyû, joueur de baseball extrêmement talentueux ayant tué son père lors d’un lancer surpuissant. Il n’est pas étonnant donc de retrouver plusieurs éléments étrangement similaires entre les récits de Deadball et Battlefield Baseball. Des récits un brin prétextes à un grand étalage de n’importe quoi qui symbolise à lui tout seul la philosophie de cette nouvelle vague horrifique japonaise en général et de la compagnie Sushi Typhoon en particulier.

Dans Deadball on retrouve des coups de batte de baseball qui rappellent les coups de pieds d’Olive et Tom, le même délire dans les postures typiquement manga, des galeries de personnages absolument incroyables et une générosité de chaque instant. C’est encore un tournoi de baseball sauf que cette fois il n’est pas question d’étudiants zombies mais d’une équipe féminine assez hardcore et aux gadgets mortels. Un tournoi à mort organisé par des japonais nazis. Car oui, comble du bonheur déviant, il y a des nazis dans Deadball. On y trouve une sorte de version nippone d’Ilsa, des croix gammées de partout et même un allemand en costume traditionnel. En gros, Yûdai Yamaguchi remonte les limites du bon goût, ou du mauvais c’est au choix, mais le fait avec une telle générosité qu’il emporte facilement l’adhésion. Deadball c’est un tout petit film aussi gore que drôle, avec une tonne de gags tous plus bêtes les uns que les autres mais qui finissent par avoir le spectateur à l’usure. Bien entendu, il vaut mieux être client de ce cinéma fauché et de cet humour globalement très gras y compris dans ses clins d’oeils (celui à Avatar est magique). Le scénario n’est là que pour la forme, pour permettre une accumulation de bêtises et de délires entre potes qui ne semblent avoir qu’un seul but : se faire plaisir tout en ayant rien à foutre des autres. Concrètement, eux s’amusent, donc si on entre dans leur univers tant mieux et sinon tant pis. On pourrait chercher des heures des symboliques ou thématiques diverses liées à la société japonaise, du racisme au culte des idoles, mais très franchement là n’est pas l’intérêt. L’idée des productions Sushi Typhoon, dans la majorité des cas, est de démontrer un sens du spectacle assez inouï, une générosité dans le trash, et un ton toujours plus extrême dans le WTF. Au sein du studio, c’est le génie et l’inventivité qui contrebalancent une certaine absence de talent en terme de cinéma, à quelques exceptions près.

Car Deadball est un film assez moche. La lumière, la mise en scène, une image qui fait vidéo, tout cela n’est pas très séduisant. on doit ajouter à cela des effets visuels catastrophiques. Production fauché oblige, pas de litres d’hémoglobine déversés mais du sang numérique à tous les étages. Et sans budget les effets gores numériques ce n’est pas génial. Mais c’est tellement bourré d’idées grotesques qu’on en oublie ces défauts pourtant majeurs. Jubei qui trouve toujours une cigarette allumée dans un bord du cadre, des armes complètement dingues, des gay jokes fracassantes et une certaine idée du fist fucking, voilà la recette de Deadball. Et si en plus on y ajoute Tak Sakaguchi qui pousse la chansonnette et un boss de fin surréaliste, c’est un véritable petit bonheur déviant. Il faut aimer le genre, mais si tel est le cas, le plaisir est bel et bien au rendez-vous.

FICHE FILM
 
Synopsis

Enfant, le prodige du baseball Jubei Vakyu causa la mort de son père. Devenu l’un des délinquants juvéniles les plus redoutés du Japon, Jubei est jeté en prison et rejoint l’équipe de baseball locale pour vaincre les Black Dahlia, une équipe féminine s’étant juré de décimer chaque équipe adverse dans des torrents d’hémoglobine. Dans l’ombre, l’administration pénitentiaire concocte un plan machiavélique.