Dead Snow (Tommy Wirkola, 2009)

de le 05/01/2010
 
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Alors celui-là il est précédé d’une belle réputation! Faut dire qu’un slasher norvégien qui vient poser dans les montagnes enneigées une bande de zombies nazis, rien que le pitch donne envie d’en voir plus! Et le film tient en partie ses belles promesses, et confirme la vitalité d’un cinéma de genre norvégien, après les inégaux Manhunt et Cold Prey I et II… le plus étonnant finalement est de voir aux commandes de cette belle surprise le réalisateur coupable de l’indéfendable parodie de Kill Bill, Kill Buljo, le genre de film qui ne laissait pas beaucoup d’espoir quant à la suite de sa carrière tant c’était minable… Et non, Tommy Wirkola redresse la barre de la plus belle manière qui soit en livrant un film vraiment surprenant, qui obéit à tous les codes du slasher pour ensuite mieux les tordre, dans un mélange détonnant de gore et de comédie. En voyant Dead Snow on se dit que vraiment le contraste entre la pureté du blanc de la neige et l’agressivité du rouge sang est le plus beau mariage graphique pour un film de genre…

Ça commence comme un slasher tout à fait classique avec une bande de jeunes étudiants en médecine qui vont se faire un weekend à la montagne histoire de respirer le bon air frais, de bien s’imbiber de bière et accessoirement de tirer une des trois filles qui les accompagnent. Donc comme dans tout slasher qui se respecte, pendant la première demi-heure on s’ennuie ferme… tout est là, humour bas du plafond, jolies filles, beaux mecs, personnages stéréotypés à mort… bref on a l’habitude on ne s’est pas lancé dans ce film pour des personnages à la psychologie très travaillées. En fait le seul attrait de cette première partie c’est Erlend, le bon geek cinéphile à qui on s’identifie sans problème, qui nous sort un magnifique Tshirt Braindead et qui était bien sur le seul à se rendre compte que leur petit périple ressemblait étrangement à tout plein de films qu’il avait déjà vu… c’est toujours sympa ce petit côté mi-référence, mi-cynisme vis-à-vis du genre.

Et donc au bout de 45 minutes arrivent enfin ceux qu’on attendait depuis le début, les fameux zombies nazis! Et là on est parti pour 45 autres minutes quasi non-stop où le film n’a plus rien à voir avec ce qui précédait… ça tourne au slasher très efficace et sans temps mort, ça cite bien sur des classiques mais sans tomber dans l’hommage pesant, d’Evil Dead à la Nuit des Morts Vivants. En fait le réalisateur se lâche complètement, car des zombies il nous en sort un sacré nombre, et ils ont plutôt faim! Intelligemment il ne les dévoile pas tous dès que les choses sérieuses commencent, préférant créer une sensation de peur qui ne fonctionne pas toujours mais qui réussit parfois à nous surprendre. Il en profite également pour élever le geek en winner car c’est lui qui va s’attraper la plus mignonne des trois filles, dans une scène de cul salement déviante il faut le dire…

Bien sur comme dans tout bon slasher le groupe est rapidement séparé, ce qui permet de maintenir un excellent rythme dans l’action. Les différentes mises à mort sont hyper graphique, du beau gros plan gore qui tâche, avec semble-t’il une forme d’obsession pour tout ce qui touche aux intestins chez Tommy Wirkola (sans doute un trauma passé…). Donc c’est bien sanglant et au bout d’un moment, on bascule carrément dans la comédie gore! Voir ces pauvres victimes prendre les armes (improvisées) c’est un grand moment de n’importe quoi et ça commence à dégommer du zombie dans tous les sens… je sais pas mais voir cette armée de soldats nazis mort-vivants lancer une attaque groupée en dévalant ces superbes pentes enneigées… ça fait quelque chose! Franchement c’est très bon, c’est drôle, bien gore… toutes les promesses de départ sont tenues.

On pouvait s’attendre à voir un film ultra cheap, et bien pas du tout en fait. l’image est travaillée, la photo hyper léchée, la mise en scène n’a vraiment rien du boulot d’amateur… c’est efficace, inspiré, du beau travail. Du côté des acteurs c’est moins réjouissants mais c’est le genre qu veut ça donc on passera. Mais ce qui est très fort c’est quand même le charisme du général nazi qui a peu de minutes à l’écran et à qui il manque un morceau de machoire, mais ça ne l’empêche pas d’en imposer dès qu’il apparait! Niveau bodycount, c’est la fête! Car des nazis il doit y en avoir une bonne cinquantaine quand même! Et les morts sont bien inventives, mitrailleuse sortie de nulle part, tronçonneuse, moto-neige…

Musique rock, puis carrément décalée dans le final… non vraiment Dead Snow est une sacrée bonne surprise. C’est très fun, très sanglant, plutôt bien foutu, rythmé, généreux… ah si seulement il n’y avait pas cette première moitié pendant laquelle il ne se passe pas grand chose et qui peinent à nous faire entrer dans le récit… le réalisateur aurait dû zapper sa présentation en 15 minutes (de toute façon faire trainer sur la longueur ne sert à rien car on se fout un peu de leur psychologie à ses jeunes) et nous offrir tout le reste de pur bonheur bisseux à charcuter du zombie en uniforme. Et ça aurait été ultime… en l’état c’est juste parmi ce qui se fait de mieux dans le genre, en Norvège comme ailleurs.

FICHE FILM
 
Synopsis

Des vacances de ski tournent au cauchemar pour un groupe d’étudiants lorsqu’ils se retrouvent confrontés à une menace inimaginable : des nazis zombies sortis de la glace…