Comme Chiens et Chats – La Revanche de Kitty Galore (Brad Peyton, 2010)

de le 28/07/2010
 
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Les américains sont friands de tous ces films avec des animaux qui parlent, qu’ils soient mauvais ou moins mauvais, le succès est toujours au rendez-vous. Il y a presque 10 ans Warner sortait le premier Comme Chiens et Chats qui a rapporté plus de 200M$ pour un budget estimé à 60M$, soit une belle réussite pour un film jugé insipide malgré son sujet de départ amusant, à savoir la lutte permanente entre les chiens et les chats aidée par l’évolution technologique. Ce second épisode qui débarque bien trop tard pour s’assurer le soutien des fans de la première heure prend un angle légèrement différent afin de conquérir un nouveau public. Le pitch nous rappelle immédiatement la dernière production Disney/Bruckheimer du genre, à savoir Mission-G sauf que pour sauver le monde les hamsters sont remplacés par nos plus fidèles compagnons. La grande interrogation étant de savoir si après les plutôt mauvais Underdog ou Rex, Chien Pompier, nos chers canidés méritent leur présence en salle cet été, malgré une des campagnes d’affichage les plus moches de l’année (« l’été sera chiot », des gens ont été lapidés pour moins que ça). Changement d’équipe presque total entre les deux films, nouvelle direction, nouveaux acteurs, tout cela a-t-il été bénéfique ou Comme Chiens et Chats 2 aurait mieux fait de sortir directement dans les bacs à soldes de DVDs? Ce n’est pas le film de l’été et il en est très loin, mais il y a fort à parier que nos chères têtes blondes vont se marrer, pendant que les parents joueront au petit jeu cinéphile que nous propose Brad Peyton qui réalise ici son premier long métrage après quelques courts remarqué dont Evelyn: The Cutest Evil Dead Girl, inscrit au palmarès du festival de Clermont-Ferrand en 2003.

Basé sur les personnages crées par John Requa et Glenn Ficarra, les réalisateurs de I Love You Phillip Morris, appuyé par des scénaristes ayant officié sur quelques Disney, Comme Chiens et Chats – la Revanche de Kitty Galore cherche clairement son statut de film estival pour toute la famille. Sauf que dans son entreprise il ne réussit qu’à moitié. En effet, à de nombreuses reprises on ne sait plus vraiment à qui s’adresse le film! la cible principale est le très jeune public, c’est certain. Les enfants ne sont pas forcément regardant sur la qualité d’un scénario qui cumule les aberrations et les situations abracadabrantes mais à partir du moment où l’action et l’humour sont au rendez-vous, tout va bien. Et Comme Chiens et Chats propose son lot de scènes d’action qui décoiffent (même si on est loin des excès pyrotechniques de Bruckheimer) et les gags qu’on qualifiera d’enfantins, c’est à dire considérés comme débiles au delà de 10 ans, fonctionnent.

Mais il y a tout de même quelque chose qui ne tourne pas rond. Car Brad Peyton cherche à divertir les gosses tout en faisant des clins d’oeil au public adulte, comme s’il avait peur que les parents accompagnant leurs enfants au cinéma allaient s’ennuyer. Ainsi il truffe son film de références qui sont pour la plupart savoureuses, sauf que le deuxième effet kiss cool est terrible: à chercher tous les clins d’oeils aux films du passé on se désintéresse complètement de ce qui se passe concrètement à l’écran mais pire, les enfants ne vont absolument rien comprendre! C’est beau de citer James Bond dès le générique, mais c’est vain. Reprendre une partie de la trame de Terminator également, sauf qu’avant 10 ans on n’est pas sensé l’avoir vu, surtout aujourd’hui. Et des exemples comme ceux-là, Comme Chiens et Chats – la Revenche de Kitty Galore en est rempli. Kitty Galore est un clin d’oeil à Pussy Galore de Goldfinger, son bras droit n’est autre qu’une version féline de Requin de l’Espion qui m’aimait et Moonraker, Sam le pigeon enchaine les citations (Mohamed Ali: « Float like a butterfly, sting like a bee »; Superman: « it’s a bird… it’s a plane »). Bref on frôle l’overdose et on décroche assez vite de l’histoire qui ressemble à un prétexte.

Si dans l’ensemble cette parodie de James Bond et Men in Black reste assez efficace sur le jeune public qui y trouvera son compte, il faut avouer que c’est loin d’être génial. Malgré quelques séquences bien fichues c’est réalisé de façon assez plate et sans grande ambition, on imagine que le passage en 3D (nous avons vu le film en 2D) n’apporte strictement rien, et les effets numériques globalement bons à défaut d’être excellents virent parfois au très mauvais. Toutefois on appréciera quelques scènes vraiment savoureuses comme la reprise de la rencontre Hannibal Lecter / Clarice du Silence des Agneaux pastichée avec un certain talent mais qui là encore ne parlera qu’aux adultes, sauf si des inconscients ont montré le film de Jonathan Demme à leurs gosses. On pourra également se consoler grâce aux performances vocales de grands acteurs qui s’en donnent à coeur joie, dont Nick Nolte, Christina Applegate, Neil Patrick Harris, Roger Moore… Tandis que Chris O’Donnell, quasiment seul personnage humain du film, n’apporte rien et contribue à cette illustration d’un autre temps de la relation maitre/chien qu’affectionnent tant les américains.

[box_light]Sans surprise, Comme Chiens et Chats: la Revanche de Kitty Galore est un divertissement estival qui ne contentera que le plus jeune public. Les plus âgés seront focalisés sur les trop nombreuses références cinéphiles qui parasitent malheureusement un film qui n’en avait pas besoin. Reste que la parodie de James Bond tient relativement bien la route à défaut de passionner et que le court métrage présent en ouverture est lui un très grand moment de comédie cartoonesque, contrairement au film qui s’oubliera très vite.[/box_light]

FICHE FILM
 
Synopsis

Chiens et chats s'entendent depuis toujours… comme chiens et chats. Nous étions habitués à les voir se disputer, s'invectiver, se donner des coups de battes et des coups de griffes, mais voici qu'une féline en folie a choisi d'aller plus loin – beaucoup plus loin. Kitty Galore, ancienne espionne de l'agence M. I. A. O. U., a décidé d'agir pour son propre compte. Dans 48 heures, si son plan diabolique aboutit, la race canine ne sera plus qu'un souvenir, et tous les félins du monde, seront à ses pieds. Face à cette terrifiante menace, chats et chiens sont obligés de s'unir pour la première fois s'ils veulent sauver la planète et l'espèce humaine d'une CATastrophe sans précédent. Accrochez-vous, ça va secouer…