City of Violence (Ryoo Seung-wan, 2006)

de le 25/09/2007
 
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Annoncé comme la nouvelle bombe du film de baston en provenance de Corée du Sud, City of Violence surprend à tous les niveaux et n’est finalement pas le film que tout le monde attendait, d’où la déception d’une grande partie du public en festivals (il n’a pas eu le droit à une sortie au cinéma) ou en DVD. Mais pourtant, le film est loin d’être la purge vue par une partie de la critique qui doit en fait être insensible à l’univers de Ryoo Seung-wan, un self made man à l’appétit cinéphile intarissable et aux références à la fois populaires et oubliées.

En effet City of Violence n’est pas tout à fait un film de baston bien bourrin comme l’annonce si fièrement la jaquette du DVD. Il s’agirait plutôt d’un film « à la Tarantino », dans le sens où de très (trop?) nombreuses influences parcourent l’ensemble des quelques 90 minutes du film. Ryoo Seung-wan, à la manière de Quentin Tarantino et d’autres réalisateurs-cinéphages, est un cinéphile amateur de cinéma bis et véritable bouffeur de pellicule (c’est ainsi qu’il a appris la mise en scène) et il puise dans sa culture cinématographique tout ce qui peut faire le bonheur du public averti.

Tour à tour il cite le génial Les Guerriers de la nuit de Walter Hill dans une scène mémorable, Kill Bill pour l’ensemble du film construit sur le même mode, et tout aussi inspiré d’autres oeuvres, et la scène finale, The Killer de John Woo, les films de Brian De Palma (Les Incorruptibles clairement montrés du doigt) et tant d’autres films et réalisateurs majeurs comme Sam Peckinpah dont le nihilisme et le montage si spécifiques sont ici présents…

Mais la référence ultime reste clairement le western italien à la Sergio Leone, en particulier dans le rythme du film (qui peut rebuter certains par sa lenteur) et dans la musique. Nouveau western, série B décomplexée, film de vengeance, City of Violence est un peu tout cela à la fois. Si le scénario ne brille pas par son originalité, la réalisation est carrément virtuose et transcende le sujet (encore à la manière de Tarantino), le montage surprenant utilise des outils qu’on n’aurait pas imaginé ici (split-screen par exemple) mais qui finalement ont bien leur place, les chorégraphies sont assez basiques mais également relevées par une réalisation d’action au poil. C’est assez brillant sans chercher autre chose que le plaisir du spectateur qui partage l’amour pour ce même cinéma. À noter que les deux acteurs principaux, dont le réalisateur lui-même qui n’avait pas eu de vrai rôle depuis le magnifique Oasis de Lee Chang-dong, possèdent tous deux de vraies et grosses compétences martiales, ce qui rend les séquences de fight d’autant plus impressionnantes.

[box_light]Violent, bourrin, ultra référencé, City of Violence n’est pas forcément le monument d’action annoncé mais c’est un divertissement très haut de gamme à placer dans la même veine que Kill Bill, film avec lequel il partage nombre de points communs. Ryoo Seung-wan continue de faire son petit bout de chemin en marge du système et ses films sont toujours aussi percutants, bien exécutés, et surtout, très divertissants. On en redemande, surtout quand on voit le niveau phénoménal des quelques scènes de combat.[/box_light]

FICHE FILM
 
Synopsis

L'inspecteur Tae-su, combattant acharné du crime organisé, retourne près de sa famille pour assister aux funérailles d'un ami d'enfance. Suspectant quelque chose de louche concernant le décès de son ami, un ancien camarade d'école et lui-même se lancent dans leur propre enquête.