Chocolate (Prachya Pinkaew, 2008)

de le 14/03/2009
 
FacebooktwitterFacebooktwitter

Le cinéma Thaï c’est spécial et dans nos contrées il n’est pas simple de s’y plonger vraiment. Chez nous on a droit soit aux films d’auteurs régulièrement sélectionnés à Cannes (Tropical Malady d’Apichatpong Weerasethakul, Citizen Dog de Wisit Sasanatieng), soit aux films d’horreur bling-bling des frères Pang, soit aux films de baston, genre qui aura surpassé tous les autres depuis le phénomène Ong Bak. Et il faut avouer qu’avec ce dernier, Prachya Pinkaew a frappé très fort, créant une nouvelle icône (Tony Jaa) et proposant un spectacle jamais vu jusque là, même à Hong Kong. Des combats hyper réalistes dans lesquels les coups ont vraiment l’air de faire mal, d’ailleurs des réalisateurs à HK s’en sont même inspiré depuis. Après Ong Bak, le réalisateur a remis le couvert sur l’Honneur du Dragon, la quête pour une tête de statue devient une quête pour un éléphant… Scénario prétexte à un enchainement de séquences d’action ahurissantes, bien que pas toujours très bien filmées et surtout reprises en ralenti sous tous les angles, ce qui devient un poil agaçant…

Après ce dernier film, Tony Jaa et Prachya Pinkaew se brouillent à mort, il faut donc à ce dernier une nouvelle star pour un film de tatane qui dépote. Il se dit que tant qu’à faire il ne va pas prendre un expert en arts martiaux et qu’il va même mettre en scène une jeune fille autiste… Et oui Chocolate c’est un peu le Rain Man du film de baston!

En plus il lui ajoute un background pas vraiment heureux avec un père yakuza, une mère ancien gangster et malade d’un cancer. Son frère est plutôt sympa et comprend vite qu’elle est douée, ils en profitent pour récolter de l’argent pour que la famille puisse vivre correctement. Et il faut avouer que douée elle l’est vraiment, en se goinfrant de M&M’s, elle mate quantité de films d’action à la TV et le simlple fait de voir les chorégraphies de Tony Jaa et Bruce Lee lui permet de devenir un pur monstre en baston. Ca tombe bien vu que cette fois on ne cherche ni statue ni éléphant, mais on va récupérer l’argent que des voyous doivent à sa mère, de l’époque où elle était encore dans la pègre.

Et là, dès que ça commence à se fritter, le spectacle est total. Si elle n’a pas les aptitudes martiales de Tony Jaa, la jeune Yanin JeeJa elle envoie quand même du gros. C’est simple dès qu’elle sort de son monde où elle reste immobile et ne parle pas, ça devient une sorte de combattant ultime auquel rien ne résiste. Les fights sont très impressionnants et réalistes une fois de plus, et bien sur les cascades font peur. A ce titre la longue et dernière scène sur une façade d’immeuble est juste un monument avec des chutes jamais vues (d’ailleurs le générique/making of des cascades montre bien qu’il y a eu des blessés sur le film). Niveau réalisation ça ne s’élève pas beaucoup plus haut qu’Ong Bak, même si le réalisateur progresse un petit peu film après film, il n’y a pas un réel travail sur le montage des scènes de baston où sur les angles de caméra. Les chorégraphies sont excellentes par contre et bercées de plusieurs influences, on reconnaitra les 2 citées plus haut mais aussi Jackie Chan et Jet Li.

Mais là où le film étonne c’est dans ses personnages! Des yakuzas, des gangsters thaïs, des travestis… C’est du grand n’importe quoi jusqu’à ce sommet qu’est le combat entre notre autiste et un jeune atteint du syndrome Gilles de la Tourette… Fallait quand même oser et y’a que dans ce pays qu’ils peuvent se permettre ce genre de folie. En plus le combat est pas mal. Bref, Chocolate c’est plus un gros plaisir coupable qu’un vrai bon film, mais niveau action et tatane on en a vraiment pour son argent!

FICHE FILM
 
Synopsis

Jen, une jeune autiste qui a développé un savoir particulier dans les arts martiaux aide sa mère atteinte d'un cancer à récupérer des créances de membres de l'organisation « Numéro 8 ».