Butch Cassidy et le Kid (George Roy Hill, 1969)

de le 16/04/2009
 
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Dans le genre « découverte tardive » en voilà un pas mal! En effet qui ne connait pas ce classique? Qui n’a jamais siffloté « Raindrops keep falling on my head » (composée pour ce film et qui aurait même dû être chantée par Bob Dylan!)? Le découvrir aujourd’hui c’est un peu comme ouvrir un vieil album de famille, celui du cinéma, car même si on n’a pas vu le film on en connait des scènes entières : les cascades en vélo de Paul Newman, l’aveu du Kid qu’il ne sait pas nager ou la scène de fin, culte.

Apprécier un film dont on connait déjà l’issue n’est jamais facile, il faut beaucoup de talent pour accrocher le spectateur, ici tout est réuni pour faire un succès. Un réalisateur génial, un couple d’acteurs légendaires, tout est là pour entrer dans l’histoire.

Une scène d’ouverture toute en jeux d’ombres et en couleur sépia donne le ton après avoir utilisé le générique pour conter les exploits de la horde sauvage, Butch Cassidy et le Kid est avant tout un film nostalgique. Et s’il emprunte au western tous ses codes visuels, il s’en éloigne dans le récit. C’est avant tout une histoire de deux frères d’armes traqués, leur marche funèbre vers le destin qu’ils ont choisi et qui s’abattra forcément sur eux. Après tout même si on les aime bien, ce ne sont pas des Robins des bois, ce sont avant tout des voleurs, des tueurs et donc hors-la-lois.

Au fur et à mesure on se rend bien compte que ce qui lie les deux bonhommes c’est bien plus que leur activité de malfaiteurs. Butch est le cerveau, le Kid est la main armée, ils ne font qu’un finalement et entre eux c’est presque une histoire de famille, l’un complétant l’autre. Il n’y a qu’à voir le personnage d’Etta quie st avec le Kid mais pourrait très bien être avec Butch, s’il ne préférait pas les filles de joie… C’est donc également une histoire d’amour à 3 protagonistes, elle se posant un peu comme leur raison, qu’ils n’écouteront pas.

Sorti à la fin des années 60, Butch Cassidy et le Kid est un film qui appartient clairement à son époque. Désir d’évasion, de liberté, refus de l’autorité… Paul Newman est ici comme le plus ancien, le plus raisonnable aussi alors que Robert Redford a cet oeil pétillant qui fait du Kid un chien fou imprévisible. Au départ, le rôle du Kid était pour Steve McQueen et celui de Butch pour Dustin Hoffman, le film s’appellait encore The Sundance Kid and Butch Kassidy

La mise en scène classique, au sens noble du terme, de George Roy Hill fait des merveilles, appuyée par la photo magnifique de Conrad Hall (son premier oscar, suivi 30 ans plus tard par ceux pour American Beauty et Les Sentiers de la Perdition) et la musique inoubliable de Burt Bacharach. Un film souvent très drôle, mais où l’humour se transforme peu à peu en mélancolie, deux destins tragiques portés par des acteurs superbes et justes, et ce final… on ne peut réprimer un frisson en voyant les deux s’élancer en dehors de leur cachette! C’est superbe et on comprend comment ce film est devenu un classique.

Quatre ans plus tard, le réalisateur retrouvait son exceptionnel duo d’acteurs pour un autre film immense, l’Arnaque

FICHE FILM
 
Synopsis

Joyeux lurons pleins d'entrain, détrousseurs de banques et pilleurs de trains, Butch Cassidy et Sundance Kid sont deux hors-la-loi bien sympathiques qui traînent tous les coeurs après eux. Y compris celui d'une charmante institutrice qui va délaisser le tableau noir pour le colt 45. Mais les temps sont durs en cette fin de siècle et les deux bandits vont devoir poursuivre en Amérique du Sud un destin qui n'est pas toujours tendre avec les marginaux...