Bébé mode d’emploi (Greg Berlanti, 2010)

de le 07/12/2010
 
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Non Bébé mode d’emploi n’est en aucun cas la suite de En cloque, mode d’emploi de Judd Appatow, les deux films n’ont d’ailleurs absolument aucun rapport si ce n’est leur traduction française douteuse. Bébé mode d’emploi, dans les faits, est une romcom ((comédie romantique)) tout ce qu’il y a de plus classique. Pire, c’est une romcom de Noël (sortie deux mois avant Noël aux USA mais c’est pareil) qui en apparence surfe sur la vague des comédies de bébés bien agaçantes pour proposer tout à fait autre chose, une pure comédie « pour filles » et rien d’autre. On pouvait s’en douter avec la présence de l’insupportable Katherine Heigl et de l’apollon aux talents d’acteur dignes d’un mollusque sous tranxène Josh Duhamel pour émoustiller les minettes. La recette est connue, elle a fait ses preuves. Et ce qui est bien avec le public visé par ce genre de film c’est qu’il ne se rend jamais compte quand on lui sert exactement la même soupe que la dernière fois. En effet vous prenez le script de L’abominable vérité (déjà avec Katherine Heigl, déjà avec sa mère à la production), vous modifiez tous les décors, vous ajoutez un bébé et comme par magie, vous avez le scénario de Bébé mode d’emploi! C’est beau le cinéma. Devant le film de Greg Berlanti (essentiellement producteur pour la TV) on hésite entre le rire nerveux et la consternation, car dès le départ on sait exactement comment ça va se terminer. Le seul enjeu devient de savoir comment vont-ils faire pour finir ensemble. C’est maigre.

Dire qu’on s’ennuie tout le long des deux heures (oui, le bousin est long en plus) serait exagéré, mais il faut avouer qu’en dehors de quelques séquences amusantes – comprendre par là qu’elles sont moins nulles que les autres et prêtent donc à sourire – on n’a pas grand chose à se mettre sous la dent. Une scène de premier rendez-vous surréaliste, quelques gags scatos (bébé oblige) et deux-trois répliques qui font mouche ne suffisent pas à sauver le spectateur et à le sortir de la torpeur dans laquelle il glisse lentement mais surement. La seule surprise vient finalement d’un élément de l’introduction, un drame qui ne se trouve presque pas à sa place ici et qui va conditionner la suite du film et la réunion de ces deux personnages absolument pas faits pour s’entendre (mais en fait oui car l’amour triomphera toujours jusque dans l’absurde).

À grands coups de raccourcis scénaristiques et de revirements de situation improbables, de décisions qui n’ont rien de naturel, de gags foireux et de séquences de séduction qui ne peuvent convaincre personne, Bébé mode d’emploi déroule son récit sans jamais perdre de vue son coeur de cible qu’il ne manque jamais de caresser dans le sens du poil. Après tout quand on va voir ce genre de film on sait à quoi s’attendre, et c’est bien là le problème! On sait exactement à quoi s’attendre au détail près. On sait que le mec parfait qui entre au milieu de l’histoire (pauvre Josh Lucas, que fait-il dans cette galère?) n’a aucune chance. On sait que le pauvre type le plus détestable du monde finira avec la gentille nunuche… vu, revu et re-revu tellement de fois que ça en devient agaçant. Mais pourtant il y a un public semble-t-il.

Bien entendu c’est réalisé sans style et sans talent, c’est porté par des acteurs qui se débattent comme ils peuvent mais on ne devient pas bon acteur en un clin d’oeil. Katherine Eigl est tout aussi agaçante que dans ses autres apparitions, tandis que Josh Duhamel ferait mieux de retourner faire le soldat dans Transformers. Là au moins ses piètres qualités d’acteurs ne nous sautent pas à la gueule. Seul truc à vraiment sauver, la bande originale plutôt réussie, ou plutôt bien compilée. Pour le reste il faut avouer qu’on s’ennuie ferme mais Mesdames, vous allez surement y passer un excellent moment, ce film est calibré pour vous. Messieurs, passez votre chemin.

[box_light]Bébé mode d’emploi c’est le prototype de la comédie romantique de fin d’année sans le moindre intérêt. Jamais vraiment drôle, jamais excitant sur le plan de la mise en scène, souffrant d’un scénario interchangeable avec d’autres comédies romantiques et qui ne surprendra personne, porté par des acteurs tantôt fades tantôt désagréables. On en retiendra pas grand chose. Quelques sourires glanés par ci par là, notamment quand Katherine Heigl se retrouve avec du caca sur la joue, mais ça ne pèse pas bien lourd dans la balance. Bébé mode d’emploi ne séduira pas grand monde et certainement pas les spectateurs un brin exigeant. Par contre c’est parfait pour Madame qui va voir un film par an et qui ne se souvient pas que celui de l’an dernier c’était le même…[/box_light]

FICHE FILM
 
Synopsis

Holly Berenson est un traiteur de plus en plus en vue et Eric Messer, un directeur de chaîne sportive plein d’avenir. Après un premier rencart désastreux, ils n’ont plus en commun que leur antipathie réciproque et l’amour qu’ils portent à leur filleule Sophie. Mais lorsque soudain, ils deviennent pour Sophie tout ce qui lui reste au monde, Holly et Messer sont bien obligés de mettre leurs différences de côté. Jonglant avec leurs ambitions de carrière et des agendas sociaux qui se court-circuitent, ils vont devoir trouver un terrain d’entente pour vivre sous le même toit.