Bad Teacher (Jake Kasdan, 2011)

de le 10/08/2011
 
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Sans que l’on sache trop pourquoi, la comédie US n’est pas au mieux de sa forme. Et cette année cette triste réalité n’en finit plus de s’étaler sur les écrans à grands coups de comédies partant sur des concepts toujours géniaux ou presque avant de se transformer en échecs cuisant par l’absence d’un minimum d’intelligence, élément essentiel pour faire rire le spectateur, même avec les gags les plus bêtes. Bad Teacher c’est une figure qui n’a rien de bien original, à savoir fonder une comédie sur le rapport professeur/élève. Le sujet reste suffisamment évocateur pour espérer une bonne tranche de rigolade, d’autant plus que Cameron Diaz n’est pas la dernière pour jouer du second degré sur son physique d’éternelle Barbie aux cheveux courts. Sauf qu’avec tout son talent et toute l’énergie du monde, elle ne parvient pas à sauver une comédie bien pauvre qui se rapproche bien plus d’Un Flic à la maternelle ou d’un P.R.O.F.S. (malgré les souvenirs émus de la coiffure de Laurent Gamelon ou Guy Montagné en prof de maths) que d’un Rock Academy. Un bon gros ratage qui ne tient pas ses promesses malgré quelques rares séquences mémorables.

Il y avait pourtant le potentiel pour sortir une comédie politiquement incorrecte, chose plus que suggérée par ailleurs lors de la promotion du film. Une prof vénale qui se découvre un talent pour l’enseignement dans le seul but de se faire refaire les seins pour se taper un héritier. Sauf que, comme pour de plus en plus de comédies, le concept de base est cent fois plus alléchant que le résultat. Complètement dénué de second degré, Bad Teacher va développer son discours avant de le renier complètement, comme on pouvait s’en douter. Et pour un film qui se donne des airs de subversion, on peut dire que c’est raté. Surprenant de la part de Lee Eisenberg et Gene Stupnitsky, les brillants auteur de The Office version US qui prouvent après l’An 1 – des débuts difficiles qu’ils n’ont pas l’étoffe de scénarises de longs métrages. Peu à l’aise sur la durée, ils finissent par effacer complètement le potentiel irrévérencieux de leur personnage qui, comble pour ce type de comédie, finit par devenir incolore, inodore, fade en somme. Pourtant on y croyait à fond depuis les premières bandes annonces, et même jusqu’aux premières minutes du film qui laissent entrevoir un ton décalé et des dialogues très crus. Sauf que tout se dilue au fur et à mesure jusqu’à transformer cette « comédie » en récit banal qui donne à rire mais surtout à sourire en quelques occasions et scènes percutantes. Mais c’est peu pour tenir un film complet, d’autant plus qu’avec le recul, il ne reste que peu de gags vraiment hilarants en mémoire, voire pas du tout. Cameron Diaz donne tout ce qu’elle a d’humour trash et de poses sexy en trois scènes, et on voit se profiler l’échec.

Cette image ci-dessus, aussi agréable soit-elle, représente tout l’échec de Bad Teacher. Il y a une seule scène dont on est certain de se souvenir, c’est celle-ci et elle n’a rien de comique. C’est tout de même triste un film qui se veut être un poil à gratter avec pour décor le monde de l’enseignement aux USA et dont on ne retiendrait qu’une séquence de lavage de bagnole en mini-short. Et pourtant. Alors bien entendu, les gags lourdingues, généralement portés sous la ceinture, parviennent à tirer quelques sourires assez facilement, mais ils ne masqueront jamais le fait que le scénario est tellement mal écrit, tellement bête, qu’il ne fonctionne pas. Bâti sur des fondations faussées, jonché de seconds rôles tellement caricaturaux qu’ils en deviennent invisibles malgré tout leur potentiel (Justin Timberlake, Jason Segel, Lucy Punch…), noyé par sa morale facile pour se dédouaner d’une idée un brin méchante, Bad Teacher mise tout sur le show de Cameron Diaz qui semble s’amuser mais qui ne transcende rien, et c’est bien dommage. Un film bien trop sage contrairement à ce qu’il annonçait, et ce ne sont pas non plus quelques dialogues bien piquants qui pourraient prétendre le sauver.

FICHE FILM
 
Synopsis

Elizabeth Halsey n’est vraiment pas faite pour enseigner. Elle n’a rien à faire des enfants, elle parle mal, elle boit, fume n’importe quoi et ne pense qu’à une chose : se marier pour quitter son job d’enseignante au collège. Lorsque son fiancé la plaque, elle se met en tête d’épouser un jeune prof remplaçant aussi séduisant que riche… Mais Elizabeth a une rivale, la très volontaire Amy, une excellente enseignante. Le prof de gym qui lui fait des avances super lourdes ne simplifie pas les choses non plus. Les plans tordus d’Elizabeth et leurs délirantes conséquences vont secouer ses élèves et ses confrères, mais c’est surtout elle qui n’en sortira pas indemne…