Arthur 3 La Guerre des Deux Mondes (Luc Besson, 2010)

de le 16/09/2010
 
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Salué à peu près unanimement comme étant une atroce purge irregardable lors de sa sortie, Arthur et la Revanche de Maltazard annonçait pourtant dès son final un troisième épisode à venir de la part d’un Luc Besson qui semble avoir oublié son talent autrefois dingue dans les années 90. Et voilà que le troisième volet des aventures extraordinaires d’Arthur s’apprête à débarquer sur les écrans pour vous écorcher la rétine. Il y a quelques années Luc Besson assurait qu’il ne réaliserait plus rien, se contentant de sa casquette lucrative de producteur/grand manitou du cinéma français, et pourtant il revient inlassablement. Il se permet même pour ce troisième film, son treizième (même s’il a tourné en grande partie au même moment que les 2 premiers Arthur et les Minimoys), de lever le plus gros budget pour une production hexagonale. À l’arrivée plusieurs conclusions. On se demande où est passé le budget de presque 69 millions d’euros, pourquoi il persévère avec une saga sans intérêt, on a la confirmation qu’il a toujours été meilleur réalisateur que scénariste et qu’on est à des années-lumières de l’animation américaine. Et ce malgré la présence de la société BUF aux SFX, une des plus exigeantes au niveau mondial, mais qui avait déjà bâclé le boulot sur Les Aventures Extraordinaires d’Adèle Blanc-Sec. À la différence de Pixar, pour prendre le meilleur, Besson ne vise qu’un seul public: les enfants de moins de 10 ans peu regardant sur la qualité intrinsèque du film, du moment qu’il y a de l’humour bas du front et de l’action. Les adultes se sentent délaissés, avec l’impression d’un léger foutage de gueule tout de même.

C’est toujours douloureux en suivant la carrière du nabab de se dire qu’il a un jour réalisé Léon. Était-ce bien lui à l’époque? On peut se le demander parfois. Car dans un truc comme Arthur 3, il ne reste rien de ce réalisateur qu’on aimait tant. Ce n’est pas comme quand Robert Rodriguez shoote ses Spy Kids, qu’il fait essentiellement pour ses enfants mais sans oublier sa folie bien à lui, là on a l’impression que Luc Besson oublie à quel point il est un grand cinéaste et se renie complètement. Dans Arthur 3 que peut-on retenir? Pas grand chose en fait. On appréciera l’introduction sous forme de résumé des épisodes précédents, essentiel pour économiser trois heures de sa vie de spectateur, et qui replace à peu près tout le monde dans l’histoire à venir. Une sorte de pharaon monstrueux qui faisait 3mm fait maintenant plus de 2m et va semer la panique en ville, ses ennemis (les gentils donc) sont toujours minuscules et vont pourtant tout faire pour l’arrêter. Pitch simpliste pour public peu exigeant.

À grands renforts de gags pas drôles (mais qui semblent faire rire les très jeunes enfants) et de scènes d’action faiblardes, Besson déroule sa trame rectiligne au possible et peine à lui donner le souffle épique qu’il cherche à chaque instant. Très franchement on s’ennuie ferme quand on n’est pas tout simplement consterné par la bêtise de ce qui se passe à l’écran. La preuve d’un gros soucis pour maintenir l’intérêt vient lorsque arrive la conclusion, on a l’impression que ce film a duré 4h alors qu’en fait pas du tout. Au milieu de cette torpeur, quelques scènes sortent du lot à l’image d’une poursuite sur un train électrique plutôt bien torchée et rythmée, même si on reste loin de la séquence de Toy Story 3, on retrouve presque le Besson audacieux dans sa mise en scène. On peut également s’appuyer sur le seul personnage vraiment intéressant du film, Darkos, parfois drôle ou touchant. Mais dans l’ensemble il faut avouer qu’on s’ennuie ferme et qu’il n’y a pas grand chose à sauver. Mais là encore, sans doute que nos chères têtes blondes ne sont pas du même avis. Arthur 3 et fait pour eux, ils aimeront, ne serait-ce que pour les valeurs que véhicule le personnage d’Arthur: courage, sens écolo, et le placement produit McDonald’s qui leur fait des clins d’oeils (manger, bouger, tout ça…)

Réalisé sans grande prétention, avec très peu d’idées originales (les abeilles, déjà vu, les loopings en voiture miniature, déjà vu, les personnages minuscules qui grandissent, déjà vu), Arthur 3 ne marquera pas vraiment les esprits. Quelques séquences permettant une exploitation en 3D, un clin d’oeil à George Lucas et Star Wars (de loin la meilleure séquence du film, à moins que le rire à ce moment là soit tout simplement nerveux) et puis c’est tout. Ce ne sont pas non plus les comédiens qui élèveront le niveau. Freddie Highmore est toujours aussi insupportable, et heureusement il est changé en minimoy la plupart du temps, et les doubleurs français traitent les voix avec un détachement et un manque de conviction qui en dit long sur l’intérêt qu’il portent au projet. Mais on les entend déjà se féliciter dans les interviews à venir, disant que l’expérience était intense et magique. Allez, on sauvera également les décors qui semblent sortir d’un vieux Burton, mais saccagés par des acteurs en surjeu total.

[box_light]Arthur 3 la Guerre des Deux Mondes c’est la crème de l’animation française. Financièrement seulement, car artistiquement c’est un ratage dans les grandes largeurs. Luc Besson ne s’adresse qu’aux jeunes enfants et/ou aux imbéciles heureux, délaissant complètement le regard des adultes. Gags pas drôles, action souvent molassone, acteurs en roue libre se croyant dans une parodie, rien de réussit à convaincre le spectateur un minimum exigeant. C’est vraiment un divertissement bas de gamme mais dopé aux euros, les enfants riront, les adultes s’ennuieront, on n’est vraiment pas chez Pixar.[/box_light]

Crédits photos : @ Europacorp Distribution
FICHE FILM
 
Synopsis

Maltazard a réussi à se hisser parmi les hommes. Son but est clair : former une armée de séides géants pour imposer son règne à l’univers. Seul Arthur semble en mesure de le contrer… à condition qu’il parvienne à regagner sa chambre et à reprendre sa taille habituelle ! Bloqué à l’état de Minimoy, il peut évidemment compter sur l’aide de Sélénia et Bétamèche, mais aussi – surprise ! - sur le soutien de Darkos, le propre fils de Maltazard, qui semble vouloir changer de camp. A pied, à vélo, en voiture et en Harley Davidson, la petite troupe est prête à tout pour mener le combat final contre Maltazard. Allumez le feu !