All the Boys love Mandy Lane (Jonathan Levine, 2006)

de le 04/03/2009
 
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Derrière un titre à rallonge qui ferait penser à une nouvelle comédie pour adolescents pré-pubères se cache en fait un film de genre étonnant. L’affiche est d’ailleurs bien plus parlante que le titre. Jonathan Levine, dont c’est le premier long métrage, joue avec les codes du slasher, en les mélangeant à ceux du teen movie de façon très intelligente pour un résultat qui, s’il ne marquera pas forcément durablement les mémoires, fera son petit effet chez les amateurs du genre en les emmenant sur un terrain forcément connu mais passant par des chemins inédits et ajoutant une réflexion pas bête du tout et qui parlera à tous si on la saisit.

Ça commence par une très longue exposition pleine de jeunes étudiants qui n’ont à peu près qu’un but dans la vie: réussir à attraper la belle Mandy Lane, sainte-nitouche au physique aguichant et qui n’a pas encore croqué la pomme. Mystérieuse, elle fait courir l’espoir qu’elle s’offrira à l’un d’eux sans vraiment le faire exprès, elle est finalement très naturelle et semble loin des préoccupations de ses congénères. Vient naturellement la sortie avec les autres étudiants, la baignade bien torride où tous ont enfin l’honneur de voir la belle en maillot de bain… D’ailleurs Levine insiste bien sur la fascination qu’elle provoque en l’iconisant à mort à chaque apparition.

Il est clair que cette partie fait vraiment « teen movie » de base mais c’est plutôt agréable car il plane tout de même une certaine dose de mystère sur cette jeune fille, et la mise en scène est suffisamment lêchée pour qu’on se délecte de belles images. Puis arrive le tueur. On sait clairement qu’il va arriver, on devine même très vite qui se cache derrière sa capuche, dès les premiers moments du film d’ailleurs. Et cette partie « slasher » ne surprend jamais vraiment, si on la prend au 1er degré.

Car finalement si les meurtres s’accumulent et qu’il sont tous plutôt bien foutus, même si pas très graphiques, on sent bien que le propos du réalisateur est ailleurs. Utilisant les codes du slasher pour plaire aux amateurs de meurtres à la chaîne dans des lieux isolés et du teen movie pour plaire aux aficionados d’histoires de cul adolescentes, il touche un public plus large en espérant que tous saisiront son vrai message. Car avant tout, Tous les garçons aiment Mandy Lane est une parabole sur le passage difficile de l’adolescence à l’âge adulte, et le tueur ne sert finalement à rien d’autre qu’à représenter la violence et le traumatisme de cette étape de la vie. Et la caractérisation hyper stéréotypée de tous les « amis » de Mandy Lane tombe finalement à la perfection dans cette idée, caractères qui s’effacent souvent quand on grandit. Amber Heard est le choix parfait pour interpréter Mandy, avec son visage angélique et son regard lointain et triste, survolant le film avec maturité et mélancolie jusqu’à un final qui tombe sous le sens, très pessimiste et noir.

Devenir adulte laisse des blessures… Et Jonathan Levine nous en offre sa vision originale. Mais on peut y voir aussi un simple slasher sacrément bien torché, bien mis en scène et très bien éclairé.

FICHE FILM
 
Synopsis

Mandy Lane. Si belle, si pure, si innocente... que tous les garçons la convoitent. Dans l’espoir de la séduire, une bande de copains l’invite dans un ranch pour y fêter la fin de l’année scolaire. Au programme : sexe, drogues, alcool... et un invité surprise, qui tente de mettre la main sur la plus troublante des jeunes filles.