(500) Jours Ensemble (Marc Webb, 2009)

de le 19/10/2009
 
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Petite mise au point, habituellement les comédies romantiques ne sont pas ma came du tout. Souvent ridicules, clichés à mort, avec des happy ends foireux… c’est vraiment un des genres auxquels je reste insensible. Sauf que de temps en temps on découvre une petite merveille (je pense à Little Miss Sunshine ou Eternal Sunshine of the Spotless Mind…) et dans le cas précis de ce (500) Jours Ensemble, je me suis déplacé en salle pour une seule raison, Joseph Gordon-Levitt, dont la performance hallucinante dans Mysterious Skin me hante depuis des années… Et ceci sans regret car ce premier film du clippeur Marc Webb est un petit bijou, un grand bol d’air qui brasse un fond pas si habituel que ça avec une forme souvent audacieuse, un contre-pied envers toutes les dernières réussites du genre qui misaient tout sur un fond inattaquable en se contentant du minimum syndical pour la mise en scène. Une belle réussite indie qui nous file la patate, alors que ce qu’on voit à l’écran est tout sauf une belle histoire d’amour…

Le réalisateur l’annonce dès le début, à travers une voix off pas toujours judicieuse et une dédicace assassine, c’est l’histoire d’un garçon qui rencontre une fille, mais ce n’est pas une love story… Pari risqué, Webb lance son film sur leur rupture! Première étape d’une déconstruction de son récit plutôt réjouissante qui voit cette histoire racontée par des repères temporels sans ordre précis (jour 300 puis jour 2 puis 10…). Le concept pourrait vite devenir redondant et ennuyeux mais cet artifice fonctionne parfaitement du début à la fin, s’accordant toujours à l’humeur de Tom. Dès lors l’enjeu n’est plus de savoir si Tom et Summer vont finir ensemble (d’ailleurs c’est le genre de truc dont on se fout d’habitude car on sait bien que dans une comédie romantique US ils finissent ensemble), on sait que non donc c’est plutôt le pourquoi de cet échec amoureux…

C’est l’occasion pour Marc Webb d’ausculter cet insaisissable sentiment qu’est l’amour en posant dessus un regard plutôt amer (on s’y attendait avec la dédicace à une sans soute ex…) mais plein de lucidité. Il inverse les rôles avec brio en utilisant ce couple de jeunes adultes bien loin des clichés hollywoodiens. Elle ne croit plus au prince charmant ou au concept même d’amour. Il est un éternel romantique à la recherche d’une stabilité sentimentale. Il est rêveur, elle réaliste. La plus belle preuve dans une de ses répliques quand Tom lui demande ce qui était arrivé pour qu’elle se sépare de ses anciens petits amis, « la vie » lui répond-elle… le genre de réponse qui peut anéantir tout espoir qu’on peut mettre dans une relation mais qui est tellement vraie…

On suit donc la vision exclusive de Tom (alter-ego du réalisateur sans aucun doute) sur ses 500 jours avec (ou sans) l’amour de sa vie… Alors oui on tombe dans quelques clichés comme le magasin de vieux vinyles, le cinéma en noir et blanc et ses images de la nouvelle vague (quoique en quelques minutes on peut affirmer que c’est vachement mieux que le futur nanar Cineman) mais finalement on s’en fout car le reste oublie tous les lieux communs. Dans le propos on se situe dans une voie assez proche du film de Gondry toutes proportions gardées, mi-drôle mi-tragique mais jamais hilarant ou dépressif non plus… et on se surprend à vraiment aimer ce drôle de jeu amoureux, ces coups de foudre et ces désillusions qui trouvent dans leurs détails un écho chez le spectateur qui a vécu une situation pas forcément identique mais tout du moins semblable par bien des aspects.

Porté par 2 comédiens étonnants (sans même parler des seconds rôles savoureux), (500) jours ensemble est un film qui file la pêche autant qu’il peut émouvoir. Zooey Deschanel se révèle craquante avec son style old-school et son mode de vie au jour le jour, Joseph Gordon-Levitt est une fois de plus exceptionnel, montrant une nouvelle facette de son talent, ici dans l’humour pince-sans-rire d’un pauvre type carrément paumé dans ses sentiments alors qu’il a tout de l’homme moderne assumant à 100% sa part de féminité… Une histoire cruelle car il n’y a rien de pire à vivre qu’un amour qui n’est pas partagé et qui sonne vraiment très juste, en cela on est très loin des histoires stéréotypées à mort qui abreuvent le genre!

La mise en scène et le montage laissent voir de très belles choses sans tomber dans l’excès. Marc Webb joue avec les cadres, les formats, change sa colorimétrie qui se ternit au fur et à mesure que les jours passent… Il se permet un intermède musical et dansant qui semble carrément à sa place (pas comme le petit oiseau ridicule), nous sort un des plus beaux split-screens vus depuis les Lois de l’attraction et qui n’a rien de gratuit dans sa construction, redessine une ville au crayon pour mieux perdre Tom… Bref, il tente pas mal de choses et il faut avouer que la plupart du temps ça fonctionne sans trop de problème, d’autant plus que les choix de la BO friseraient presque le génie s’il n’y avait pas ce morceau de Carla Bruni… La fin heureuse mais qui n’est pas l’happy end qu’on pouvait attendre nous fait tout doucement ressortir de ce grand petit film franchement original, et qui malgré un message pas vraiment gai nous donne envie d’être heureux. Artificiel en apparence c’est vrai mais pas tant que ça en y réfléchissant un peu…

FICHE FILM
 
Synopsis

Tom croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n'est pas du tout le cas de Summer. Cela n'empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée. Au 31ème jour, les choses avancent, lentement. Le 32ème jour, Tom est irrémédiablement conquis, pris dans le tourbillon étourdissant d'une vie avec Summer. 185 jours après leur rencontre, la situation est de plus en plus incertaine – mais pas sans espoir. Alors que l'histoire fait des allers-retours au sein de la relation parfois heureuse, mais souvent tumultueuse de Tom et Summer, le récit couvre tout le spectre de la relation amoureuse, du premier coup de coeur aux rendez-vous, du sexe à la séparation, à la récrimination et à la rédemption et décrit toutes les raisons qui nous poussent à nous battre aussi ardemment pour arriver à trouver un sens à l'amour... Et, avec un peu de chance, à en faire une réalité.