30 Jours de nuit (David Slade, 2007)

de le 26/05/2009
 
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Après un premier film tout simplement génial sur tous les points, Hard Candy, David Slade s’est attaqué à l’adaptation d’un comic book drôlement intéressant, en particulier sur le plan graphique. En effet les planches dessinées par Ben Templesmith sont absolument superbe et le comic book en lui-même vaut largement le détour pour sa réactualisation du mythe du vampire. Et comme Slade est un réalisateur intelligent, il ne va pas suivre le comic case par case comme l’ont fait Rodriguez sur Sin City et Snyder sur 300 et Watchmen mais il va simplement conserver cette ambiance caractéristique et ces vampires au design différent pour livrer sa propre interprétation d’une histoire hyper efficace, car une ville retirée du monde dans laquelle le soleil n’apparaît pas pendant 30 jours ça devient tout de même un garde manger somptueux pour une meute de vampires!!

Donc visuellement c’est la méga classe il faut le dire! Tout le film a été tourné dans une nuit américaine somptueuse (on comprend bien pourquoi, ça aurait été une vraie galère de tout filmer de nuit), le résultat ce sont des teintes grises bleutées de toute beauté! La mise en scène de David Slade oscille entre le très posé (les plans en plongée verticale sont vraiment superbes) et le très très énervé lors des attaques tout en restant très lisible, il imprime à son film un rythme qui ne faillit presque jamais, malgré une gestion du temps assez déstabilisante… En effet le film est censé se passer sur 30 jours mais malgré les repères temporels et les maquillages témoins du temps qui passe, on a l’impression que ça ne dure qu’une grosse semaine…

La faute en partie sans doute à l’utilisation maladroite de nombreuses ellipses narratives, mal placées et qui viennent semer une sorte de confusion! Ajouté à quelques maladresses dans le scénario (mais qui sont sans doute l’effet de ces ellipses), parfois l’ensemble perd toute crédibilité!! On ne comprends pas la sortie du grenier de même qu’on ne comprend pas commet ils ont pu y survivre sans provisions… le coup de la lampe à UV c’est très sympa, la scène apporte une belle tension mais… à quoi sert-elle réellement? Plusieurs problèmes comme ça apparaissent de temps en temps et empêchent 30 jours de nuit d’être une franche réussite.

Mais il y a tellement de bonnes choses à côté que finalement le film possède un charme rare. Et ces bonnes choses c’est surtout une excellente gestion de l’horreur cinématographique. La tension est palpable, l’absence de solution aussi, les attaques des vampires sont impressionnantes, très graphiques et sanglantes… On pense plusieurs fois à The Thing de Carpenter autant par le décor que par certaines scènes. C’est en fait ce traitement de l’horreur old school qui fait la réussite du film. Ici pas de psychologie de comptoir, les vampires ne sont pas romantiques, ni gothiques, ni charmeurs, ce sont des animaux simplement guidés par la survie. Ils ne sont pas des symboles mais de vrais tueurs implacables et surhumains. Et il faut avouer que visuellement ils sont très réussis, dégoûtent autant qu’ils effraient… On ne les oublieras pas!

Slade se fait aussi plaisir avec la présence à l’écran d’une certaine barbarie, c’est très sanglant, c’est plein cadre et le sang coule à flots!!! Ici pas de pieux dans le coeur, ça se règle à la hache (et la décapitation à la hache c’est tout un métier si on ne veut pas s’y reprendre à plusieurs fois!) et c’est parfois franchement dégueulasse!

Le casting avait de quoi étonner avec la présence de Josh Hartnett qui est loin d’être le meilleur acteur de sa génération mais s’en sort avec les honneurs tant il joue juste. Les seconds rôles sont bien écrits avec une mention spéciale pour le « chef » de la bande de vampires qui possède une sacrée présence mais surtout pour le disciple (pour le coup c’est un clin d’oeil au Dracula de Bram Stocker) joué par Ben Foster et son regard de fou. Cet acteur est vraiment formidable même si on le sait depuis Six Feet Under.

[box_light]30 Jours de nuit est un film pas forcément inoubliable c’est certain mais qui possède de beaux atouts et renoue avec un cinéma d’horreur loin des canons hollywoodiens. Il propose même une violence très graphique qu’on pourrait qualifier de très osée. Le soucis est qu’il souffre d’une gestion absolument catastrophique de l’aspect temporel et un scénario qui cumule les erreurs de débutant.[/box_light]

FICHE FILM
 
Synopsis

Alaska, de nos jours. Au coeur de l'hiver, les habitants de la paisible ville de Barrow s'apprêtent à passer, comme tous les ans, un mois sans soleil. À la suite d'une série d'évènements étranges, Eben et Stella, les deux shérifs locaux, vont découvrir l'invraisemblable vérité. Un gang de vampires a investi la ville pour l'éradiquer de tous ses habitants. Eben, Stella et un petit groupe de survivants vont alors tenter de survivre jusqu'à l'aube...