Coco (Lee Unkrich & Adrian Molina, 2017)

de le 28/11/2017
 
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Parce qu’il est le nouveau-né de l’association Disney et Pixar, Coco est l’un des événements de cette fin d’année. Très attendu, le film d’animation de notre noël se révèle comme toujours techniquement parfait grâce à une animation emballante et des trouvailles aussi bien visuelles que scénaristiques. Humour, musique, aventure et émotion sont au rendez-vous. Et c’est justement par ce dernier aspect que Coco surprend un peu son monde. Le film est l’un des plus émouvants que Disney/ Pixar aient produit. On reconnait la patte de l’auteur de Toy Story 3, sans doute l’opus le plus touchant de la saga. Coco est magique, féérique, nous parle de choses profondes et traite au fond d’un sujet peu abordé dans ce genre de production : la mort. Bien sûr, le film le fait avec beaucoup d’intelligence et pas d’une façon frontale, en mettant en avant l’importance du souvenir. Encore un tour de force pour le duo gagnant. Coco est un grand film pour toute la famille, riche en thématiques. Nous vous en proposons quelques-unes.

 

Une autre culture

Depuis quelques temps, on sent que le cinéma de Disney se tourne vers d’autres cultures. Après Vaiana, la légende du bout du monde et son héroïne polynésienne, une « non princesse » à la peau brune, ou un peu plus loin La princesse et la grenouille qui présentait une héroïne à la peau noire, Coco nous entraine au Mexique, lors de la fête des morts. Outre le fait que le studio sort des sentiers battus faits de princes et princesses caucasiens, il s’ouvre sur un multiculturalisme bienvenu qui aujourd’hui sonne comme un véritable pied de nez à l’Amérique made in Trump. La difficulté première étant d’éviter les clichés ou en tout cas d’en jouer afin de servir au mieux les histoires contées. Dans Coco, nous avons droit à une famille mexicaine qui, à l’inverse des autres, a banni la musique de leur maison. Le petit Miguel a pourtant ça dans le sang. Son aventure au pays des morts à la rencontre de ses ancêtres nous plonge dans un univers coloré et offre une approche différente de la mort. Un mélange de joie, de musique, d’émotion, de rassemblement, d’union.

Croire en ses rêves

Thématique récurrente du cinéma d’animation par le positivisme qu’elle dégage, le « croire en soi » et « croire en ses rêves » est au cœur du film Coco. Contre l’avis des siens, le jeune Miguel veut imposer sa passion et ramener la musique au sein du foyer familial. C’est le moteur de tous les personnages Disney (et du cinéma en général). L’originalité de Coco réside dans le moyen que va utiliser le personnage principal pour légitimer son désir. Là encore l’esprit des défunts a une place importante. Le film ne s’arrête pas à la « simple » idée de croire en soi mais de croire en ce qui nous anime et nous nourrit.

La famille

Elle est à la fois l’obstacle et la force du personnage principal. C’est par sa rencontre avec ses ancêtres au pays des morts que le jeune Miguel va apprendre à connaitre les siens. Connaitre d’où l’on vient pour mieux faire son chemin. Coco joue de péripéties et surprises pour rendre passionnante l’aventure du héros. Plus qu’une aventure, il s’agit d’une quête. En passant du côté des morts, Miguel interroge ses origines et ce qu’il est fondamentalement. Un thème universel, source d’émotions toujours parlantes.

Le souvenir

C’est là sans doute l’aspect le plus audacieux du film. Car traiter de la mort est extrêmement casse-gueule pour un film aussi tout public. Par la culture mexicaine où la mort fait partie de la vie et où les défunts sont célébrés dans une fête haute en couleurs, la chose est plus facile. Mais encore fallait-il trouver un angle parlant à tout le monde. Et l’intelligence du film est de mettre en avant le souvenir. Par lui, les disparus restent dans nos vies. La mémoire devient alors un élément précieux qui peut entrainer la disparition définitive de nos êtres chers. Voilà un axe dramatique émouvant et palpitant que Coco ne manque pas d’exploiter.

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