Braquage à l’ancienne (Zach Braff, 2017)

de le 03/05/2017
 
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Avec son cocasse trio de papys braqueurs, Zach Braff signe une petite comédie de studio standardisée mais pas déplaisante pour autant. Cette histoire loufoque sur un fond plus grave de crise économique tient surtout grâce à ses trois solides références du cinéma en têtes d’affiche.

On en aura vu des scènes d’attaque de banque au cinéma ! Des figures mythiques de braqueurs au grand cœur aux mises en scène parfois âpres de Michael Mann ou plus mécaniques d’un Christopher Nolan sur The Dark Knight, l’assaut demande d’aguerris combattants au sang froid, préparés à toute éventualité pour leur coup perpétré dans des banques transformées en véritables châteaux forts imprenables, loin de l’interception au milieu du désert de la diligence Wells Fargo afin de récolter le magot. Forcément, lorsque ce sont les octogénaires Morgan Freeman, Michael Caine et Alan Arkin qui composent l’équipe du casse du siècle, l’image est assez amusante. Ces trois légendes sont donc réunies en 2017 dans cette comédie sans prétention réalisée par Zach Braff. Après ses expériences indépendantistes de cinéaste d’auteur sur Garden State et Le Rôle de ma vie il y a trois ans, l’acteur devenu réalisateur entre de plein pied dans le système des grands studios américains et se prête élégamment au jeu avec Braquage à l’ancienne.

Le film est en fait un remake de celui de Martin Brest portant le même titre. Les braqueurs George Burns, Art Carney et Lee Strasberg de 1979 laissent la place à un scénario plus calibré feel good, lorsque le personnage Michael Caine assiste fasciné au braquage de sa propre banque dont il est l’un des nombreux clients spoliés par des conseilleurs peu scrupuleux. Le scénariste Theodore Melfi a imaginé son récit post crise économique. Nos trois petits vieux un peu ronchons vont voir leurs indemnités de retraite annulées, suite à la reprise de leur ancienne usine par un fond d’investissement privilégiant la délocalisation et la multiplication de profits pour les actionnaires. D’un autre côté, les emprunts que Joe (Michael Caine) a contracté auprès de sa banque pour se loger s’avèrent toxiques et leurs taux variables le menacent d’expropriation. Sa fille et sa petite fille s’étant installées chez lui faute d’emploi, sa situation semble suffisamment désespérée pour tenter le tout pour le tout. À une autre époque, Hollywood aurait qualifié de dangereusement communiste ce genre de scénario aussi sévère envers le capitalisme sans limite. Derrière les rires comme lors d’un vol à l’étalage burlesque dans une superette, Braqueurs à l’ancienne tient tout de même un ton assez clair vis-à-vis du système des grandes banques qui a profité de la crise économique de 2008, après que de nombreux américains aient été laissés sur le carreau.

L’alchimie pépère au sein de la fine équipe fonctionne bien à l’écran. Les quelques répliques du troisième âge font souvent mouche. Oui, ces grands messieurs du cinéma américain n’ont rien perdu de leur classe naturelle devant la caméra, bien que l’ensemble très bienveillant ne nous laissera pas non plus un souvenir impérissable. À croire qu’ils ne seront jamais assez trop vieux pour ces conneries ! C’est également toujours un plaisir à revoir Matt Dillon ou Christopher Lloyd au cinéma, même si leur apparition est des plus fugaces. Nous passerons sur les poncifs appuyés de la famille qui doit se recomposer dans l’adversité, comme s’il s’agissait de répondre à un cahier des charges de l’émotion. Au final, Zach Braff s’en tire sans accrocs avec son Braquage à l’ancienne. Il réalise une comédie tendre et éminemment sympathique qui aura d’abord permis à Morgan Freeman, Michael Caine et Alan Arkin de s’amuser ensemble dans une bonne humeur communicative.

FICHE FILM
 
Synopsis

Pour Willie, Joe et Al, trois amis octogénaires – ou presque –, la retraite, c'est du passé. Quand ils apprennent que leurs pensions sont parties en fumée, ils décident de passer à l'action. Bousculant tous leurs principes, ils tentent l'impensable : braquer la banque qui a englouti toutes leurs économies !