Festival du Film Coréen à Paris 2012 : tout le programme

de le 19/10/2012
 
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Pour sa septième édition, le FFCF devient FFCP et se pare d’un programme toujours plus alléchante, et toujours au Cinéma Saint-André-Des-Arts à Paris. Cette année le festival se tiendra du 30 octobre au 6 novembre.

On ne le répètera jamais assez, ici nous adorons le cinéma coréen, ses excès, sa violence, sa noirceur, son humour, sans oublier le soin tout particulier qui y est généralement apporté dans l’utilisation des outils du cinéma. Le seul problème est que le nombre de films coréens sortant au cinéma ou en DVD est tellement ridicule qu’il est bien difficile d’étancher cette soif. Et ce malgré une reconnaissance internationale toujours plus grande comme en témoigne le Lion d’or remporté par Pieta de Kim Ki-duk à Venise cette année. C’est pourquoi nous tenons à soutenir les initiatives telles que le Festival du Film Coréen à Paris auquel nous serons associés pour la seconde année consécutive.

Au programme cette année, des mastodontes du box-office en ouverture (le leader du moment) et clôture (le film qui a pulvérisé le record de The Host au box-office local), une sélection très éclectique dans la section paysage, un focus sur le jeune réalisateur Kim Kyung-mook, deux belles avant-premières, une vaste sélection de courts métrages et une poignée de classiques érotiques (Madame Freedom, The Ae-ma Woman, The Empty Dream, To you from me et Yeong-ja’s Heydays). De quoi bien remplir une semaine de festivalier.

Masquerade de Choo Chang-min.

Film d’ouverture.

Le roi Gwang-hae ordonne à son plus proche conseiller Heo Kyun de lui trouver un sosie afin d’échapper à la constante menace d’assassinat qui pèse sur lui. Celui-ci découvre Ha-sun, qui ressemble remarquablement au roi. Lorsque le roi est empoisonné, Heo Kyun propose à Ha-sun de prendre sa place le temps que le souverain recouvre ses moyens. Celui-ci va remplir la tâche bien mieux que son prédécesseur…

Quatrième film du réalisateur après Mapado, Lost in Love et Late Blossom, Masquerade fait partie de ces films en costumes coréens qui peinent toujours à percer à l’international. Le film est sorti début octobre en Corée en prenant la tête du box-office pour sa sortie. Le film est écrit par le co-scénariste d’Old Boy, Hwang Jo-yoon et c’est Lee Byung-hun qui incarne le roi.

The Thieves de Choi Dong-Hoon.

Film de clôture.

Forcés de faire profil bas après leur dernier braquage, Popeye et sa bande partent à Macao pour un autre contrat. Mais l’homme derrière ce contrat n’est autre que Macao Park, l’ancien partenaire de Popeye, qui s’est échappé avec 68kg d’or après leur dernier coup quelques années auparavant. Macao Park est lui-même accompagné de sa propre bande de gangsters venus de Chine. Tous réunis, ils tentent de voler un diamant à 20 millions de dollars, gardé précieusement dans un casino. Mais chacun aimerait garder le diamant pour lui-même…

Pour le réalisateur de The Big Swindle et Woochi, c’est le jackpot. The Thieves est non seulement le phénomène du box-office de l’année, mais également de toute l’histoire du cinéma coréen car il vient de pulvériser le record établi en 2006 par The Host avec plus de 13 millions de spectateurs.

L’ivresse de l’argent d’Im Sang-soo.

Avant-première.

Youngjak est le secrétaire de Madame Baek, dirigeante d’un puissant empire industriel coréen. Il est chargé de s’occuper des affaires privées de cette famille à la morale douteuse. Pris dans une spirale de domination et de secrets, perdu entre ses principes et la possibilité de gravir rapidement les échelons vers une vie plus confortable, Youngjak devra choisir son camp, afin de survivre dans cet univers où argent, sexe et pouvoir sont rois…

Im Sang-soo poursuit dans la voie entamée avec The Housemaid et signe un film qui en est une sorte de suite. L’ivresse de l’argent évolue dans le même milieu d’une bourgeoisie pourrie de l’intérieur malgré ses apparences nobles, un film d’une sophistication extrême qui est passé quelque peu inaperçu lors du dernier Festival de Cannes.

War of the Arrows de Kim Han-min.

Avant-première.

Lors de la deuxième invasion mandchoue de la Corée, 500 000 civils sont faits prisonniers. Au beau milieu de combats acharnés, se bat un archer coréen entré dans la légende mais dont les historiens ont oublié le nom. Ceci est son histoire…

Pour son troisième film après deux thrillers, Kim Han-min s’attaque à la fresque guerrière en costumes, combats à l’épée et surtout à l’arc. Le film est assez efficace et remplit parfaitement son contrat d’héroïsme classique, de violence stylisée et d’aventure exotique, avec un récit dégraissé au maximum.

Ashamed de Kim Soo-Hyun.

Section Paysage.

Yoon Ji-woo est employée dans un grand magasin. Son travail ne l’enchante guère, et sa vie privée n’est pas beaucoup plus joyeuse. Un jour après le travail, alors qu’elle pense au suicide, elle jette un mannequin du toit de son magasin pour regarder sa chute. Kang Ji-woo est quant à elle pickpocket dans le métro. Un jour, elle se fait surprendre par un policier en civil. Alors qu’elle tente de s’enfuir en voiture avec un complice, sa voiture heurte le mannequin tombant du ciel. Les deux jeunes femmes finissent ainsi menottées ensemble.

Également connu sous le titre Life is Peachy, ce second film écrit et réalisé par Kim Soo-hyeon après So Cute, et présenté dans la section Panorama de la Berlinale en 2011, allie le drame, la romance queer et une certaine dose de fantaisie à en juger par le trailer ci-dessous. A voir.

Dr. Jump de Yoon Seong-ho.

Section paysage.

Jeon Young-rok est à la recherche de nouveaux talents dans le saut à la perche. Il rencontre par hasard Won-sik dans un parc d’attractions et lui propose de devenir perchiste. Won-sik, qui veut montrer une fière image de lui-même à son amie Woo-jeong, décide d’accepter sa proposition…

Pour son quatrième film, Yoon Seong-ho livre une nouvelle comédie ramassée sur un peu plus d’une heure, avec seulement quatre acteurs, qui lie sport et cinéma, séduction et compétition. Et pour ne rien gâcher, ce réalisateur est souvent comparé à un nouveau Woody Allen coréen. Plutôt séduisant sur le papier, malgré un visuel qui semble un peu cheap.

From Seoul to Varanasi de Jeon Kyu-hwan.

Section Paysage.

Young-woo, qui mène une vie de couple sans relief avec Ji-young depuis plus de 10 ans, a une liaison avec Su-yeon, une écrivain en contrat avec sa société d’édition. Après un accident de voiture, Ji-young rencontre Kerim, un jeune musulman, par qui elle se sent attirée. Alors que celui-ci doit quitter le pays, elle décide de partir le retrouver à Varanasi.

Après une trilogie sur le thème de la ville, Jeon Kyu-hwan propose un voyage pour en relier deux, aussi bien géographiquement que par l’esprit. Choc des cultures et romance semblent au centre de ce mélo qui mélange des scènes très crues, un propos traitant de terrorisme et une mise en scène extrêmement élégante.

Helpless de Byeon Yeong-joo.

Section paysage.

Mun-ho et Sun-young s’apprêtent à se marier. Alors qu’ils partent rendre visite aux parents de celui-ci, ils s’arrêtent prendre un café sur une aire d’autoroute. Mais lorsque Mun-ho revient dans la voiture, Sun-young a disparu. Incapable de la joindre sur son portable, il part à sa recherche et ne tarde pas à découvrir qu’elle n’est pas celle qu’il croyait connaitre.

Pour son troisième film et son premier véritable thriller, Byeon Yeong-joo adapte un roman considéré comme un des meilleurs thrillers japonais de tous les temps. Jeux de dupe, identités cachées et background politique, dans un film très noir qui ne manque pas de charme.

Love Fiction de Jeon Gye-soo.

Section paysage.

Joo-wol est un écrivain en panne d’inspiration. Il mène une vie morose, constamment rejeté par des femmes en qui il voit à chaque fois l’âme sœur et une nouvelle source de créativité. Un jour, alors qu’il se rend à un festival en Allemagne, il rencontre Heejin, dont il tombe amoureux. A leur retour à Séoul, il s’arrange pour la revoir. A mesure que leur relation avance, Joo-wol trouve l’inspiration pour son nouveau roman mais il est dérangé par certains détails de la vie de Heejin.

« Une comédie romantique bizarre » qui  ressemble à un drama assez classique, mais qui pourrait surprendre par son utilisation des différentes formes offertes par le cinéma. De plus, c’est Ha Jeong-woo, inoubliable psychopathe de The Chaser qui joue l’amoureux…

Nameless Gangster de  Yoon Jong-bin.

Section paysage.

1982, Busan. Ik-hyun est un douanier corrompu menacé d’être viré. Un jour, il découvre un sac plein d’héroïne et cherche à le revendre au Japon, s’associant pour cela avec un gangster, Hyung-bae. Leur collaboration fonctionne bien, et leur pouvoir s’étend peu à peu sur toute la ville. Mais lorsque quelques années plus tard le gouvernement lance une guerre contre le crime organisé, leurs relations vont devenir plus tendues.

Après l’absurdité du fonctionnement militaire coréen dans The Unforgiven et la prostitution masculine dans The Moonlight of Seoul, le controversé Yoon Jong-bin poursuit son analyse des dérèglements de la société coréenne avec cette fois en ligne de mire : la corruption. Avec des stars au casting, dont Choi Min-sik, et un tel sujet, le film est resté le plus gros succès de l’année jusqu’à la sortie d’un certain The Thieves

Penny Pinchers de Kim Jeong-hwan-I.

Section paysage.

Bien qu’il ait terminé ses études, Ji-woong vit toujours sur le dos de sa mère. Il n’arrive pas à trouver un travail et n’a pas payé son loyer depuis 5 mois. Pourtant, il se comporte comme un playboy, n’hésitant pas à mentir pour attirer les filles. Sa voisine, Hong-sil, est une fille étrange. Sans amis, elle mène une vie un peu spéciale guidée par l’obsession d’économiser de l’argent, par tous les moyens possibles. Un jour, elle propose à Ji-woong une grosse somme d’argent, si en échange il fait tout ce qu’elle lui demande.

Premier film pour Kim Jeong-hwan-I qui était producteur sur une quinzaine de films depuis 10 ans, dont The Unjust, et qui avait fait ses armes en tant qu’assistant-réalisateur sur Phone de Ahn Byeong-ki. Il signe là une comédie délirante sur fond de crise et de pauvreté.

Romance Joe de Lee Kwang-kuk.

Section paysage.

Un réalisateur célèbre arrive dans une petite ville pour y terminer son dernier scénario. Alors qu’il a du mal à trouver l’inspiration, il commande du café et entame la conversation avec la livreuse. Celle-ci lui raconte alors l’histoire de « Romance Joe ».

Un réalisateur en panne d’inspiration, une rencontre, une histoire… on se croirait chez Hong Sang-soo. et pour cause, Lee Kwang-kuk fut son assistant sur Conte de cinéma, Woman on the Beach, Les femmes de mes amis et Ha Ha Ha. On retrouve beaucoup d’éléments connus dans son premier film, avec toutefois la sensation d’un cinéma peut-être plus vif.

Self Referential Traverse de Kim Sun.

Section paysage.

Podori, la mascotte de la police coréenne, a perdu ses jambes au cours d’une manifestation un peu trop mouvementée. Chaque jour, il fait de l’exercice pour se muscler, et s’affaire à la construction d’une paire de jambes flambant neuves. Alors qu’il touche bientôt à son but, des rats envahissent son appartement et s’attaquent à ses nouvelles jambes.

Anti-conformiste au possible, Kim Sun avait réalisé cet étrange objet avant d’entrer dans la grande machine des productions commerciales horrifiques, avec White: The Melody of the Curse réalisé avec son frère et leur participation à l’anthologie Horror Stories. Cet essai expérimental et délirant, complètement en marge, cache une charge évidente contre l’héroïsme policier en Corée.

Silenced de  Hwang Dong-hyeok.

Section paysage.

Kang In-ho, un professeur d’arts plastiques, arrive dans une nouvelle école dont les élèves sont malentendants. Durement touché par le suicide de sa femme, il est excité à l’idée d’enseigner à ces enfants. Si ceux-ci sont d’abord distants et essayent de l’éviter, il va peu à peu réussir à gagner leur confiance. Jusqu’à ce que ceux-ci lui avouent un terrible secret.

Véritable phénomène de société lors de sa sortie, mettant en lumière un fait réel qui poussa le gouvernement à repenser certaines lois, le second film seulement de Hwang Dong-hyeok, après My Father, joue la carte du thriller malsain mais bénéficiant de la caution imparable du fait réel. Un film qu’on imagine assez puissant.

Talking Architect de  Jeong Jae-eun.

Section paysage.

Alors qu’il souffre d’un cancer et qu’il n’a plus beaucoup de temps à vivre, l’architecte CHUNG Guyon reste très occupé à préparer une exhibition qui lui est consacrée, et surtout à faire partager ses idées, sur l’architecture, la nature ou encore la société.

Après deux films de fiction (Take Care of my Cat et The Agressives), la réalisatrice Jeong Jae-eun aborde cette fois le documentaire à travers ce portrait d’architecte. Elle fait ainsi le lien entre deux formes d’art liées essentiellement à l’espace, de nombreux réalisateurs étant intimement liés à l’architecture de par leur passé dans l’histoire du cinéma (Fritz Lang, Alain Resnais, mais plus récemment Fernando MeirellesApichatpong Weerasethakul ou Joseph Kosinski) tout en ouvrant une perspective sur la Corée moderne à travers ses formes.

2 Doors de  HONG Ji-you et Kim Il-rhan.

Section paysage.

Ce documentaire retrace la tragédie de Yongsan en janvier 2009, qui causa la mort de cinq manifestants et d’un officier de police. Alors qu’une trentaine de manifestants occupait le toit d’un immeuble menacé de démolition afin de protester contre le manque de compensation pour leur départ, la police tenta de les expulser. Au cours des affrontements, l’immeuble prit feu, menant à ce drame humain choquant l’opinion publique en quête de vérité.

Documentaire coup de poing remettant en cause les agissements de la police autant que l’atteinte aux droits de l’homme, et qui a fait grand bruit en Corée, il s’agit du second long métrage de Kim Il-rhan et du premier pour HONG Ji-you, deux réalisatrices militantes.

2 Lines de Ji Min.

Section paysage.

Ji-min et Cheol vivent ensemble en couple. Un jour, ils découvrent que Ji-min est enceinte et sont donc confrontés à des choix importants pour leur vie. Ji-min décide de raconter sa propre expérience, inhabituelle en Corée : avoir un enfant sans être mariée.

Documentaire autobiographique pour la réalisatrice Ji Min, qui s’intéresse ici à la notion de « norme » dans la fondation d’un foyer en Corée, à travers les choix et démarches du quotidien pour constituer une famille.

Yosemite & I de Kim Ji-Hyeon.

Section paysage.

Kim Jee-hyeon est réalisatrice. Malheureusement, l’ordinateur dont elle se sert pour le montage de ses films depuis 10 ans tombe en panne. Il s’appelle Yosemite. Et voici son histoire…

Un moyen-métrage à la lisière entre le documentaire et la fiction et qui joue avec les sensations du spectateur pour brouiller les cartes.

Programme complet, tarifs et réservations sur le site officiel du FFCP.