Festival de Cannes : Les 10 plus belles Palmes d’Or

de le 15/05/2012
 
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Après s’être penché sur tous ces films qui méritaient la Palme depuis les débuts du festival et qui sont si souvent passés à côté, il est bon de prendre les choses dans l’autre sens car le jury fait parfois de très bons choix. Ainsi, voila un classement qui n’en est pas vraiment un car sans ordre de préférence mais qui regroupe les 10 films ayant reçu la récompense suprême qui trouvent grâce à mes yeux. C’est totalement subjectif mais ce sont des essentiels que tout cinéphile se doit d’avoir vu et qui prouvent que derrière les stars et les paillettes il y a surtout, et ce serait dommage de l’oublier, du grand cinéma à Cannes.

Film concept jouant habilement sur la notion de rythme au cinéma, le chef d’oeuvre de Clouzot n’est ni plus ni moins que les 2h les plus intenses de l’histoire du cinéma. La tension dramatique atteint ici des sommets, la mise en scène et le découpage également, sans même parler des acteurs tout simplement inoubliables d’intensité.

Unique palme d’or pour Fellini, la Dolce Vita marquait un tournant dans son oeuvre. Le film n’a pas pris une ride, on peut encore le revoir tant qu’on veut, complet ou pour en disséquer les séquences autonomes signées par un virtuose. La maestro a fait mieux par la suite mais sa Dolce Vita fait partie de ces films qu’on n’oublie pas.

Au delà du scandale obligatoire lié à l’attribution de la récompense suprême à un brûlot antimilitariste en plein enlisement de la guerre du Vietnam, M.A.S.H est une satire délicieuse de l’interventionnisme américain. Méchant, subversif, il n’en reste pas moins très drôle, ultra maitrisé par un grand Robert Altman, et porté par un superbe casting.

Martin Scorsese au sommet de son art, Robert De Niro en transe dans son plus beau rôle à ce jour. Taxi Driver est de ces films qui ont fait la puissance du nouvel Hollywood par son nihilisme, son cynisme, son approche coup de poing de la violence ordinaire. C’est le portrait d’une Amérique déchirée et on n’en sort pas indemne, même 40 ans plus tard.

Coppola filme le chaos, la descente aux enfers, un voyage initiatique et hypnotique vers les replis les plus sombres de l’âme humaine. Apocalypse Now redéfinit la guerre au cinéma pour la transformer en métaphore, le film est un vrai choc pour peu qu’on s’y laisse prendre. Il marque le chant du cygne d’un acteur prodigieux, le plus beau coup d’éclat d’un réalisateur mégalo, et son tournage légendaire en fait une des oeuvres les plus importantes du 7ème art, rien que ça.

Un homme qui court après sa vie. Wim Wenders touche au sublime avec cette errance d’une beauté formelle inégalée, un voyage hypnotique et bouleversant qui reste encore aujourd’hui comme peut-être le plus beau jamais filmé. La scène de la rencontre est gravée à jamais dans le coeur de ceux qui en ont fait l’expérience, inoubliable!

Le meilleur film des frangins Coen, et de très loin. Une oeuvre d’une complexité folle sur la création artistique et la folie, un film qui peut rapidement perdre le spectateur car peu démonstratif et très obscur. C’est mis en scène à la perfection, rempli d’acteurs qui n’ont jamais été aussi bons, et c’est aussi l’oeuvre la plus singulière des deux réalisateurs.

2ème palme pour Kustu, le fils héréditaire de Fellini, qui fit couler tant d’encre… Underground est une oeuvre fleuve, dense, complexe, qui mérite plusieurs visions pour la cerner complètement. C’est un hymne à la vie plus qu’autre chose, c’est réalisé avec audace et génie, et porté par des acteurs pleins d’humanité. Y voir une manipulation politique tient de la bêtise pure et dure.

Véritable poème noir l’Anguille fait partie des essentiels du grand réalisateur Imamura. Il y parle de deuil, de culpabilité, de désir… tout y est paisible comme pour cacher ce qu’il y a de plus cruel. Le film met en avant la solitude destructrice et le pouvoir du remords. C’est superbe bien que très exigeant à cause d’un rythme des plus lancinants.

Avec Elephant, pierre angulaire de l’avant dernière trilogie, Gus Van Sant frappe un grand coup. En occultant toute morale, toute explication, il laisse le spectateur sur les rotules en proie à ses questionnements sur l’horreur quotidienne qui peut surgir de nulle part à n’importe quel moment. C’est également une leçon de mise en scène qui peut facilement rebuter mais quelle expérience!!

Et s’il va falloir quelques années de recul pour bien s’en rendre compte, il est bien possible que The Tree of Life soit une des plus immenses palmes jamais attribuées…