Décryptage de l’univers de Guillermo del Toro

de le 15/12/2016
 
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L’univers de Guillermo del Toro est riche, ses créatures et ses machines sont uniques. Le cinéaste est un auteur qui fascine le public avec sa passion. Petit décryptage du monde del Toro.

Comme Tod Browning, comme Terence Fisher ou Tim Burton avant lui, Guillermo Del Toro est un grand amoureux des monstres. Après s’être formé dans les effets spéciaux, après avoir réalisé des courts métrages et des épisodes de série TV au Mexique, il se lance dans l’aventure Cronos. Premier long métrage, et premier film présentant une créature monstrueuse, à savoir un vampire. Mais Guillermo Del Toro se permet de revisiter le mythe, de façon à la fois classique et moderne, avec un vampire qui n’a rien de glamour mais s’avère rempli de tendresse. Pour son deuxième film, et son premier aux USA, Guillermo Del Toro souffre de relations houleuses avec les frères Weinstein. Pourtant Mimic lui permet de mettre en scène une créature fascinante créée par Rick Lazzarini, une blatte géante et mutante faisant se rejoindre ses obsessions pour les monstres et les insectes. Avec L’échine du Diable, pour son retour au Mexique, Guillermo Del Toro se penche cette fois sur un fantôme, au design extrêmement réussi et qui lui permet d’aborder le traumatisme de la guerre civile espagnole.

blade 2 filmosphere

L’année suivante, il se retrouve sur une production Marvel, mais pas n’importe laquelle car il met en scène Blade II et ses tonnes de vampires mutants. Profusion de créatures monstrueuses, action stupéfiante et romantisme exacerbé. Chez Del Toro, les monstres ne sont jamais complètement mauvais. Deux années plus tard, nouvelle adaptation de comics avec le projet de ses rêves : Hellboy. Là encore, le héros est un monstre, un démon, entouré de freaks et de créatures monstrueuses, et qui sauvera le monde des humains, notamment car il a reçu l’amour d’un père adoptif humain. Hellboy synthétise complètement le rapport de Guillermo Del Toro aux créatures en tous genres.

hell boy 2 filmosphere

Quand il réalise la suite quelques années plus tard, il pousse tous les curseurs à fond et propose une aventure gigantesque propulsée par une collection de créatures absolument magnifique. Entre temps, il se repenche sur la guerre civile espagnole mais via une fable fantastique, Le Labyrinthe de Pan, dans lequel l’héroïne plonge dans un univers de conte de fées et de monstres. Réel et fantastique s’y confrontent, comme dans l’esprit du créateur. Avec son blockbuster tonitruant Pacific Rim, même s’il est articulé autour de robots géants, Guillermo Del Toro continue de crier son amour pour les monstres en créant une galerie de kaijus, êtres hybrides monstrueusement mortels, qu’il parviendrait presque à rendre attachants s’ils n’étaient pas de tels instruments de mort.

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Les machines

Evidemment, Pacific Rim est une belle preuve de l’amour de Guillermo Del Toro pour la création mécanique et le fonctionnement de la mécanique pure (le jaeger qui permettra de sauver la planète est d’ailleurs purement mécanique et débarrassé de composants électroniques). Mais cette obsession parcourt l’ensemble de son œuvre. Dans Cronos, la contamination vampirique est véhiculée par un étrange objet, entre l’insecte et le mécanisme d’horlogerie. Dans Blade II, il met en scène un dispositif ancestral pour drainer le sang du héros.

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Dans Hellboy, le bad guy le plus épouvantables, et accessoirement un des personnages les plus époustouflants de l’univers de Del Toro, est intimement lié à cette obsession. Il s’agit de Kroenen, dont la vie dépend d’un mécanisme similaire à celui d’une montre automatique qu’il convient de remonter afin d’en assurer le fonctionnement. Il projette cette marotte dans le personnage de Vidal dans Le Labyrinthe de Pan, obsédé par sa montre qu’il observe et nettoie en permanence. A l’image des plus grands cinéastes, Guillermo Del Toro est ainsi tiraillé entre la science (les machines) et la pure création de l’esprit (les monstres), et c’est ce qui le rend si fascinant.