Cross et Triad de Daniel Chan : nouvelle vague de violence made in HK

de le 27/09/2012
 
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A l’heure où les mêmes auteurs squattent d’un côté les rares sorties en salles tandis que d’autres, considérés comme moins « nobles », se contentent de sorties en vidéo, Hong Kong reste un vivier de talents qu’il serait dommage de cesser d’observer. Daniel Chan est un de ces probables talents de demain, et il arrive avec deux films qui risquent de faire leur petit effet.

Dans l’ombre des Johnnie To, Dante Lam, Edmond Pang ou Derek Yee est en train de naître un jeune réalisateur. Daniel Chan a 31 ans, c’est un réalisateur indépendant fan de Boogie Nights et Swingers, qui a reçu le soutien du Puchon Film Festival en 2010 pour son projet alors appelé « Smile for Me ». 2 ans plus tard, le film porte désormais le titre de Cross et s’apprête à sortir le mois prochain. Plutôt alléchant, il s’agit d’un thriller construit autour d’un tueur en série franchement porté sur la religion dont le synopsis est le suivant :

« Un jour un certain monsieur Lee se présente à un commissariat. Il vient avouer une série de meurtres, avec preuves matérielles à l’appui. Et donne sa version des faits aux policiers : c’est Dieu qui l’a mis à l’épreuve. Lee venait de perdre sa femme, qui avait mis fin à ses jours pour ne plus souffrir du cancer. Désespéré, Lee voulut se suicider à son tour. Mais il est un bon chrétien, et croit à la damnation des suicidés. Il n’a pas osé passer à l’acte. En cherchant sur le Net, Lee avait fini par découvrir l’existence des forums consacrés au suicide. Les candidats au suicide y sont nombreux. Comprenant leurs souffrances, Lee décida de les « aider ». Lee a avoué aux policiers avoir tué quatre personnes… La police fait appel à un psychiatre pour éclairer quelques zones d’ombre de cette histoire. Le psy finit par se demander si tous les morts voulaient vraiment mourir…« 

Tout un programme, le thème et le soin apporté aux images ci-dessous n’étant pas sans rappeler au bon souvenir d’un certain Seven. Dans les rôles principaux on retrouve Simon Yam, grand habitué du cinéma de Johnnie To, et Nick Cheung, autre figure essentielle du cinéma HK.

Et comme Daniel Chan ne chôme pas, il a terminé au mois de juin le tournage de son second film, Triad, qui s’intéresse comme son titre l’indique au milieu des triades à Hong Kong :

« Un jeune diplômé ambitieux rêve de devenir caïd. Il réussit à se placer auprès d’un chef de triades réputé respectueux du code d’honneur. Le jeune ambitieux, grâce à son intelligence et à ses connaissances, finit par grimper des échelons dans l’organisation. Le jeune protégé va devoir affronter son chef d’hier…« 

Avec dans les rôles principaux les jeunes William Chan et Derek Tsang, épaulés par Patrick Tam dans le rôle du chef des triades, ce film qui représente l’aboutissement de 7 ans de recherches et réécritures du script initial se veut comme une véritable plongée dans ce monde si codifié et mystérieux des triades, que Johnnie To (encore lui) avait déjà si merveilleusement traité dans son diptyque Election. Pour Daniel Chan, aucun film hong-kongais n’a traité le sujet à sa juste valeur depuis Rebellion de Herman Yau sorti en 2009. Sans surprise, comme tous les films s’intéressant à la mafia locale, Triad s’est pris une classification Cat III l’interdisant aux moins de 18 ans.

Étant donné le travail de documentation grâce à l’approche de véritables membres des triades, et le goût de Daniel Chan pour les images léchées (un aperçu ci-dessous) on peut déjà s’attendre à quelque chose d’étonnant et de violent. En espérant que ce film, comme le précédant, tape dans l’œil d’un distributeur français pour qu’on puisse y jeter un coup d’œil bientôt…

Source et traduction des synopsis : le panda de HKCinemagic.