César 2014 : le résultat d’une drôle de soirée

de le 01/03/2014
 
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Les César 2014 ont vu le triomphe des garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne, dans un élan de fusion avec le public, qui l’a plébiscité à raison de près de 2,6 millions de spectateurs en 2013. Mais ils ont surtout vu l’échec des autres prétendants, les grands favoris de la critique qu’étaient L’inconnu du lac et La Vie d’Adèle, et même 9 mois ferme, qui repart tout de même avec deux prix majeurs. C’était une drôle de soirée, en particulier au niveau des réactions qu’elle a engendrées.

Ce tweet est magnifique. En effet, il condense brillamment la grosse majorité des réactions à l’annonce du palmarès complet, du côté de ce qui compose la « petite bourgeoisie critique », ces gens qui prouvent film après film que le grand cinéma, français ou pas, n’est pour eux pas compatible avec le terme « populaire ». Une critique snobinarde qui prête plus d’attention au niveau de hype du sujet d’un film qu’au film en lui-même, qui associe maîtrise à échec, qui aime se lover dans une cage dorée bien loin des considérations d’un simple spectateur. Une critique qui a dû sans doute grincer des dents quand La Vie d’Adèle a dépassé le million de spectateurs. C’était donc, à observer d’un point de vue anthropologue, une drôle de soirée, et même une soirée drôle à mesure que les prix défilaient, que l’humour belge de Cécile de France remplaçait celui, ringard, d’Antoine de Caunes, mais qui s’avérait au final tout aussi lourd, ponctué de moments de gêne intense.

Une drôle de soirée car le rôle de punk de service, naturel chez Albert Dupontel qui ne s’est logiquement pas présenté au théâtre du Châtelet, fidèle à ses convictions et droit dans ses bottes, lui a été raflé par un absent de taille, Abdellatif Kechiche, qui a tout de même bien fait d’éviter de venir subir une telle humiliation. Cette année, l’académie a été raccord avec le public (et la critique, qui a encensé le film de Guillaume Gallienne) et n’a pas succombé à l’hystérie collective du dernier festival de Cannes, qui récompensait un film dans lequel brillaient des actrices formidables, mais qui souffrait tout de même d’une écriture et d’une mise en scène parfois catastrophiques. La Vie d’Adèle a donc perdu. Rien de bien scandaleux là-dedans. Il y a pourtant eu une séquence dans la soirée qui va permettre à Abdellatif Kechiche d’affirmer un peu plus, si cela était possible, sa position de victime. Un magnéto incompréhensible, qui se moquait gentiment de son image de réalisateur tortionnaire, premier sketch de ce qui ressemblait à une série visant tous les réalisateurs en lice pour le César. Sauf qu’il fut le seul à être moqué, la vidéo suivante s’attaquant à James Cameron en le confondant même avec Steven Spielberg. Il est là le « kechiche bashing » et non dans la quasi-absence de récompenses pour son film.

Pour le reste, les morts ont été honorés, les intermittents ont souvent été cités et soutenus par les lauréats mais ne se sont pas fait entendre, Scarlett Johansson a reçu son César d’honneur des mains de Quentin Tarantino après une vidéo-hommage au montage indigent, et les seules véritables surprises de la soirée sont à mettre au crédit de 9 mois ferme qui repart avec le César du meilleur scénario original et celui de la meilleure actrice pour Sandrine Kiberlain, et de La Vénus à la fourrure avec un nouveau César du meilleur réalisateur à Roman Polanski qui n’en revenait pas d’en rafler un quatrième.

Pour le palmarès complet, ça se passe ci-dessous :

César du Meilleur espoir féminin : Adèle Exarchopoulos pour La Vie D’Adèle

César du Meilleur premier film : Les garçons et Guillaume à table ! par Guillaume Gallienne

César du Meilleur second rôle masculin : Niels Arestrup dans Quai d’Orsay

César du Meilleur court-métrage d’animation : Mademoiselle KIKI et Les Montparnos réalisé par Amélie Arrault

César du Meilleur long-métrage d’animation : Loulou l’incroyable secret par Eric Omond

César de la Meilleure adaptation : Les garçons et Guillaume, à table ! par Guillaume Gallienne

César du Meilleur espoir masculin : Pierre Delonchamps dans L’inconnu du Lac

César de la Meilleure photo : Thomas Hardmeier pour L’Extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S Spivet

César de la Meilleure musique de film : Martin Wheeler pour Michael Kohlhaas

César du Meilleur film étranger : Alabama Monroe de Felix Van Groeningen

César du Meilleur Son : Jean-Pierre Duret, Jean Mallet et Mélissa Petitjean dans Michael Kohlhaas

César du Meilleur Scénario original : Albert Dupontel pour 9 Mois Ferme

César du Meilleur Second rôle féminin : Adèle Haenel dans Suzanne

César du Meilleur film documentaire : Sur le chemin de l’école par Pascal Plisson

César du Meilleur décor : Stéphane Rozenbaum pour L’écume des Jours

César du Meilleur montage : Valérie Deseinne pour Les garçons et Guillaume, à table !

César des Meilleurs costumes : Pascaline Chavanne pour son travail dans Renoir

César du Meilleur court métrage : Avant que de tout perdre de Xavier Legrand

César du Meilleur réalisateur : Roman Polanski pour La Vénus à la fourrure

César de la Meilleure actrice : Sandrine Kiberlain pour 9 mois ferme

César du Meilleur acteur : Guillaume Gallienne pour Les garçons et Guillaume, à table !

César du Meilleur film : Les garçons et Guillaume, à table ! de Guillaume Gallienne