A Good Day To Die Hard : Tsar 80

de le 26/10/2012
 
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John McClane est mort, devant la caméra de Len Wiseman. Certaines pratiques douteuses consistent à souiller les cadavres encore chauds des grandes icônes. John Moore, qui avait salopé l’adaptation de Max Payne au cinéma, était donc le choix idéal pour faire subir les derniers outrages au plus grand action hero des années 80-90 avec A Good Day To Die Hard,film qui semble repousser les limites de la connerie.

Die Hard 4 – retour en enfer, film à la revue de presse totalement surréaliste, étron inacceptable qui transformait John McClane, loser sublime et héros humaniste, en super-héros réactionnaire à la solde d’un système conservateur, marquait déjà la fin d’un mythe. Loin des chefs d’œuvres de John McTiernan, qui se permettait avec Une Journée en enfer de faire encore mieux que Piège de cristal, ce quatrième film était une honte sur tous les tableaux, et ce ne sont pas ses pauvres scènes d’action incompréhensibles qui pouvaient relever le niveau d’une idéologie gerbante. Mais le film a suffisamment fonctionné pour que les exécutifs de la Fox lancent la mise en chantier d’un cinquième épisode, espérant enterrer la franchise pour de bon en la confiant à ce tâcheron de John Moore qui avait déjà bien dégueulassé le remake de La Malédiction et l’adaptation du génial jeu vidéo Max Payne. A Good Day To Die Hard, tout tient dans l’absurdité du titre (qui devient au passage en France « Die Hard : belle journée pour mourir ») et dans un script qui prouve en quelques lignes qu’on va encore se taper un film qui n’a rien compris à la mythologie liée à John McClane :

John McClane, le flic sans état d’âme, est vraiment au mauvais endroit au mauvais moment, à Moscou, pour aider son fils Jack qu’il ne voit plus. Entre la mafia russe qui veut leur faire la peau et leur combat pour éviter le déclenchement d’une guerre, les McClane découvrent que leurs méthodes pourtant bien différentes font d’eux des héros que rien ne peut arrêter.

John McClane, avec son fils, pour éviter une guerre avec la Russie. Non seulement le fait de sortir l’icône du territoire américain va proprement à contresens de la légende, mais en 2012 on nous ressort l’ennemi historique d’une guerre froide terminée depuis 25 ans plutôt que d’intégrer le seul géant capable de se lever contre les USA, la Chine. Mais ils ne sont pas fous chez la Fox, il serait dommage de froisser tout un gouvernement et de se priver d’un parc de salles au développement exponentiel.

Et les images de ces courte bandes-annonces n’ont rien de rassurant, bien au contraire. Pas une seule image qui ne sente pas le déjà vu, pas une seule idée, une succession de clins d’œils tout pourris (un Yippee-ki-yay à demi-mot, un hélicoptère, une chute d’immeuble, un camion qui défonce plein de bagnoles et l’hymne à la joie…) et des personnages déjà désincarnés. De quoi se mettre dans la poche, à la manière du quatrième épisode, toute une partie du public et de la critique qui ne comprendra visiblement jamais l’essence de Die Hard, tout en permettant à Bruce Willis de se faire à nouveau le pion de l’oncle Sam. John McTiernan doit bien se marrer, ou pleurer, en constatant ce qu’est devenu sa création, qui grâce à un subtil montage prend des airs de benêt devant une femme qui se déshabille. Il faut se préparer à un nouveau massacre, orchestré par un John Moore qui sait mal s’entourer, avec notamment le monteur du dernier Spy Kids et le directeur de la photographie qui officiait déjà sur le hideux Max Payne.

Enterrement prévu le 20 février 2013.